Pele-Bresil

Plus grande légende de l’histoire du football, Pelé, décédé jeudi à 82 ans, a toujours noué un lien particulier avec l’Afrique, comme en atteste son tweet posté la semaine dernière suite à la Coupe du monde 2022, historique pour le continent. «Je ne pouvais manquer de féliciter le Maroc pour son incroyable Coupe du monde. C'est formidable de voir l'Afrique briller», avait savouré le Roi. Signe de son affection, le Brésilien avait lancé dès 1977 : «Une nation africaine gagnera la Coupe du monde avant l’an 2000». Cette prédiction ne s'est malheureusement pas vérifiée, mais qu'importe.

L’Afrique, Pelé s’y était rendu à plusieurs reprises, notamment en Egypte en 1960 avec sa sélection puis en 1967 au Sénégal, au Gabon, au Congo-Brazzaville et en Côte d’Ivoire lors d’une tournée organisée par son club de Santos; idem au Nigeria deux ans plus tard.
En 1976, alors en visite au Maroc, l’homme aux 1281 buts avait aussi eu ses mots à destination de Larbi Benbarek: «Si je suis le roi du football, alors Benbarek en est le dieu.» L’Algérie a aussi accueilli la légende trois fois sur son sol en 1965, 1969 et 2014. Par la suite, l’ex-buteur s’était également rendu en Afrique du Sud en 2005 pour rencontrer Nelson Mandela, qu’il présentera comme son «héros» au moment de son décès en 2013.

Cette déclaration d’amour pour la figure de la lutte contre l’apartheid a de quoi surprendre. En effet, Pelé a régulièrement fait l’objet de critiques pour sa faible implication dans la lutte contre le racisme, notamment chez lui au Brésil. «Pelé ne s'est jamais positionné sur les problématiques du racisme au Brésil. Et pourtant, c'est quelqu'un qui aurait pu faire avancer les choses», déplorait ainsi le champion du monde français Lilian Thuram en 2018 à la télévision brésilienne. «Avec l'image qu'il a dans le monde, je pense qu'il aurait dû faire autre chose. Je reste persuadé qu'à la fin de sa vie, c'est quelque chose qu'il va regretter.» C'est visiblement le coeur léger que le Roi est parti…