Absente de la scène mondiale depuis 2014, l’Algérie va regoûter à la Coupe du monde à l’occasion du choc contre l’Argentine dans la nuit de mardi à mercredi. Rabah Saâdane, l’ancien sélectionneur des Fennecs et qui a dirigé la sélection nord-africaine lors de trois phases finales, livre son avis sur les Fennecs et leurs chances, dans un groupe J où figurent également l’Autriche et la Jordanie.
En 1982, l’Algérie participait à sa première Coupe du monde, marquée par une élimination au premier tour malgré un parcours positif (victoires contre la RFA 2-1 et le Chili 3-2, défaite 0-2 face à l’Autriche), à cause d’un match arrangé entre Allemands et Autrichiens (1-0), le tristement célèbre “match de la honte”.
Rabah Saâdane était l’adjoint du duo constitué par Mahieddine Khalef et Rachid Mekloufi. Numéro 1 en 1986 au Mexique et en 2010 en Afrique du Sud, le Cheikh continue de suivre de près les performances de son ancienne équipe. Avant le match face à l’Argentine, il revient pour Afrik-Foot sur les choix de Vladimir Petkovic et les ambitions algériennes lors de la Coupe du monde.
Argentine-Algérie : “Souvent, les grosses sélections ont une entrée en matière difficile” pour Saâdane
Vladimir Petkovic a attendu le 31 mai pour dévoiler la liste des vingt-six joueurs algériens retenus pour participer à la Coupe du monde. Trois cadres, Youcef Atal, Ismaël Bennacer et Baghdad Bounedjah, qui étaient présents lors de la CAN au Maroc, n’en font pas partie. Loin d’accabler son successeur indirect, Rabah Saâdane comprend ses décisions.
“Si le sélectionneur a attendu le dernier jour pour donner sa liste, c’est qu’il avait besoin de temps pour réfléchir et faire ses choix. Il a regardé la saison de chacun des joueurs, en club, en sélection et notamment la CAN. Vladimir Petkovic a fait ses choix, il faut les respecter et tout cela me semble cohérent. Il a visiblement estimé qu’il y avait des retouches à faire. Le match perdu face au Nigeria (0-2) en quart de finale de la CAN avait montré les principales faiblesses de la sélection”, a souligné l’homme de 80 ans pour Afrik-Foot.
L’Algérie débutera son Mondial par un choc face à l’Argentine, championne du monde en titre. Compte tenu des surprises enregistrées jusqu’à présent, avec notamment Espagne – Cap-Vert (0-0) et Belgique-Egypte (1-1), le fait d’affronter un favori au premier match ne représente finalement peut-être pas un si mauvais tirage.
“L’avenir nous le dira…”, glisse Saâdane, qui croit aux chances des Fennecs. “Souvent, les grosses sélections ont une entrée en matière difficile. Souvenez-vous de l’Arabie Saoudite qui avait battu les Argentins (2-1). Et en 1982, l’Algérie avait dominé la RFA (2-1)… Une chose est certaine, l’Algérie devra jouer sans complexes. C’est une équipe capable de poser des problèmes à n’importe qui. L’Argentine sera le favori de ce match, et de la Coupe du monde, avec la France, l’Espagne, le Portugal ou le Brésil. Mais l’Algérie a régulièrement montré sa capacité à se mettre à la hauteur des meilleurs.”
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F06%2FSaadane-Algerie.jpg)
“Ce serait dangereux de dire qu’il sera facile de battre la Jordanie”
Le deuxième match opposera ensuite les Fennecs à la Jordanie, un adversaire qui pourrait donner plus de fil à retordre que prévu selon Saâdane : “Il faut s’en méfier. J’ai vu certains de ses matchs, et c’est une équipe de qualité, bien organisée, avec des arguments techniques. Elle manque d’expérience à ce niveau, mais il ne faut pas la sous-estimer, ce serait une erreur…”
Alors que l’entraîneur algérien Noureddine Zekri, a récemment fait beaucoup de bruit en lançant que que “si l’Algérie ne bat pas la Jordanie, nous devons tous partir à la retraite, car la Jordanie n’a pas notre niveau…”, Saâdane se montre nettement plus nuancé.
“Ce n’est pas comme ça que je vois les choses. C’est une Coupe du monde, les joueurs jordaniens, qui y participent pour la première fois, vont être hyper motivés. L’Algérie a sans doute plus d’expérience, un effectif plus fort sur le papier car certains de nos internationaux évoluent dans d’excellents clubs européens, mais pour moi, ce serait dangereux de dire qu’il sera facile de battre la Jordanie”, prévient le technicien.
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F06%2FSaadane-Algerie-2.jpg)
“Je sais l’Algérie capable de se qualifier et de faire un bon parcours”
La qualification pourrait également se jouer face à l’Autriche dans la nuit du 27 au 28 juin. Saâdane anticipe un match serré. “L’Autriche est une très bonne équipe, que beaucoup voient comme le favori pour la seconde place du groupe. Elle pratique un football offensif, et dispose de très bonnes individualités, comme David Alaba, Marcel Sabitzer, Konrad Laimer ou Marko Arnautovic. Et pour l’Algérie, l’Autriche n’est pas un bon souvenir, avec le fameux match contre la RFA en 1982 et qui avait précipité l’élimination des Fennecs au premier tour”, rappelle l’ex-sélectionneur.
En quatre participations à la Coupe du monde, l’Algérie n’a franchi le premier qu’une seule fois, en 2014 au Brésil, où elle s’était inclinée (1-2) face à l’Allemagne en 16ede finale. Pour Saâdane, la bande à Riyad Mahrez a toutefois les moyens de sortir victorieuse de cette phrase de groupes.
“D’autant plus qu’avec le passage à quarante-huit sélections, les huit meilleurs troisièmes se qualifieront pour la phase à élimination directe. Avec trois points, des sélections pourront se qualifier. Et en ce qui concerne l’Algérie, je la sais tout à fait capable de se qualifier, et de faire un bon parcours. Une fois que vous avez passé le premier tour, tout peut arriver, avec les matches à élimination directe. La sélection a des arguments, techniques, individuels, collectifs, un coach qui fait du bon travail. Il faut être optimiste”, plaide Saâdane.
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2025%2F12%2FSaadane.jpg)