La situation des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc après la finale de la CAN 2025 continue de susciter des réactions au Sénégal. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko est sorti du silence mardi pour évoquer un dossier qu’il juge particulièrement sensible.
Quelques jours après la condamnation des 18 supporters à des peines allant de 3 mois à un an de prison ferme, le chef du gouvernement sénégalais a d’abord voulu rassurer l’opinion publique sur l’implication des autorités sénégalaises :
« Je tiens à vous rassurer, tout ce qui devait être fait l’a été. »
Ousmane Sonko a détaillé les démarches entreprises au plus haut niveau de l’État, soulignant que le Président de la République a personnellement saisi les plus hautes autorités marocaines. Il a également évoqué des échanges directs avec le Premier ministre marocain, ainsi que la mobilisation des ministres des Affaires étrangères et de la Justice.
Ousmane Sonko rappelle le précédent des JO de Paris
Au-delà du suivi diplomatique, le Premier ministre a exprimé un regret clair quant à la tournure prise par les événements.
« Nous estimons que cette affaire dépasse le simple cadre sportif. Il faut le dire avec responsabilité. C’est regrettable, d’autant plus qu’il s’agit de deux pays liés par des relations historiques et solides. »
Ousmane Sonko , premier ministre du 🇸🇳 sur la situation des supporters sénégalais emprisonnés au Maroc :
— Lassana Camara (@mauritaniefoot) February 24, 2026
« S’ils accordent une grâce, tant mieux. S’ils ne le font pas, il existe des accords d’extradition entre nos deux pays. »
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Sans remettre en cause les institutions marocaines, Sonko a suggéré qu’un traitement différent aurait pu être envisagé, en rappelant que des débordements similaires ont déjà eu lieu dans d’autres compétitions internationales.
Il a notamment cité un épisode marquant de l’interruption du match Maroc-Argentine à Saint-Etienne lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.
« Récemment, lors des Jeux Olympiques, des supporters marocains ont envahi un stade, entraînant l’interruption d’un match pendant plus de deux heures. La rencontre avait ensuite repris à huis clos, sans qu’il n’y ait de condamnations. »
Une comparaison destinée à souligner que, dans le sport, la répression des incidents peut varier selon les contextes.
Grâce royale ou rapatriement : les options sur la table
Sur le plan judiciaire, Ousmane Sonko a confirmé que l’État sénégalais explore toutes les voies possibles.
« Aujourd’hui, si le procès n’a pas été équitable, la question d’un appel se pose naturellement. Le ministre de la Justice y travaille. »
Le Premier ministre a également ouvert la porte à une solution diplomatique :
« Si les autorités marocaines décident d’accorder une grâce, nous nous en réjouirons. »
Mais surtout, il a évoqué une alternative concrète qui constitue une nouvelle importante pour les supporters concernés et leurs familles :
« Dans le cas contraire, des accords bilatéraux existent entre nos deux pays et permettent de solliciter le rapatriement de nos compatriotes afin qu’ils puissent purger leur peine au Sénégal. »
Une déclaration qui laisse entrevoir une possible issue pour les 18 supporters, alors que l’affaire reste suivie de près à Dakar.

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