Devant le tollé provoqué par la divulgation d’une contre-autopsie réalisée sur le corps d’Albert Ebossé au Cameroun, soutenant la thèse d’un « tabassage » du joueur, le ministère de la Justice algérien a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire.


Si l’objectif était de faire bouger les choses, c’est réussi. Depuis la publication du rapport de la contre-autopsie réalisée au Cameroun sur le corps d’Albert Ebossé, la tragique disparition de l’attaquant de la JS Kabylie survenue il y a bientôt quatre mois, défraye la chronique sur le sol algérien. Et pour cause, ce dernier dénonce l’autopsie réalisée en Algérie juste après la constatation de la mort du joueur camerounais et met en avant la thèse d’un décès causé par « une agression brutale avec polytraumatisme crânien« .

Pour la famille Ebossé, il y a une « volonté de dissimulation dans les autopsies » précédemment réalisées. Avocats de la famille du défunt, le Camerounais Ruben Billap et le Français Jean-Jacques Bertrand suspectent même une « agression terrible » survenue dans le vestiaire, « certainement à plusieurs assaillants« , d’où les nombreux traumatismes constatés sur le joueur.

Raison pour laquelle les deux juristes entendent saisir la FIFA alors que la JSK est murée dans le silence, exception faite des sorties médiatiques de son président, et que l’enquête préliminaire du parquet de Tizi Ouzou n’a levé aucun doute sur les réelles circonstances qui ont conduit au drame.

Un juge d’instruction aux commandes

Face à la tournure prise par les événements, le ministère de la Justice algérien a décidé de se saisir de l’affaire. Par la voie du garde des Sceaux, Tayeb Louh, l’instance a annoncé jeudi lors d’une séance à l’Assemblée, l’ouverture d’une enquête judiciaire pour tenter de lever le mystère autour de cette affaire.

« L’enquête préliminaire ordonnée par le ministère public a été achevée et maintenant une information judiciaire sera ouverte« , a indiqué le ministre dans des propos relayés par l’APS. « Le juge d’instruction engagera une enquête contre tout individu suspecté dans le crime ou toute autre personne s’étant rendue coupable de manquement dans sa mission. »

Reste à savoir quelles -nouvelles ?- conclusions seront apportées dans ce dossier pour des faits qui remontent au 23 août et pour lesquelles aucune image du corridor menant aux vestiaires n’existe. Jet d’un projectile lourd, thèse de l’objet contondant ou celle d’un tabassage dans un vestiaire ? A la justice algérienne de faire la lumière sur cette affaire, alors que la famille d’Albert Ebossé n’a toujours pas fait le deuil de sa disparition, faute de connaître les circonstances exactes de sa disparition.