Afrik-Foot.com tente de vous faire découvrir ces autres Africains d’Europe, ceux qui n’évoluent pas toutes les semaines en Ligue des Champions ou dans les grands championnats. Cette semaine, rencontre avec Jean-Baptiste Akra Akassou, un milieu de terrain ivoirien qui, à 24 ans, découvre l’Europe cette année, après un parcours atypique qui l’a emmené jusqu’en Thaïlande.



Afrik-Foot.com : Jean-Baptiste, vous débarquez en Europe pour la première fois. Comment cela se passe-t-il ?

Jean-Baptiste Akra Akassou : Plutôt pas mal. J’ai joué mon premier match ce week-end contre Ujpest FC et j’ai marqué mon premier but.

On imagine que la différence entre le championnat hongrois et le championnat thaïlandais est assez grande, non ?

Oui, c’est sûr. En Thaïlande, en Thai Premier League, c’est plus technique. En Hongrie, pour le moment, de ce que j’ai vu, c’est plus physique et plus tactique. Mais le championnat thaïlandais n’est pas si mauvais que ça. Il prend vraiment de l’ampleur avec l’apport des étrangers. Il y a aussi pas mal de moyens.

C’est étrange tout de même pour un Ivoirien d’aller en Thaïlande.

C’est vrai mais après quelques saisons au Stade d’Abidjan, j’avais envie d’autre chose. Je voulais aller voir ailleurs : le Stade ne jouait plus de compétitions continentales, au mieux, on jouait la quatrième place… Vous savez, en Afrique, ce n’est pas toujours facile : on n’est pas payé régulièrement… Donc j’ai quitté le club et je me suis retrouvé en Thaïlande, grâce à Jean-Marc Guillou. J’ai fait une saison en deuxième division avant d’être transféré vers un des plus gros clubs du pays, BEC Tero. Cela s’est très bien passé mais, après deux ans, je voulais tenter ma chance en Europe.

Comment se passe votre adaptation ? Vous parlez déjà hongrois ?

(rires) Non ! Le Hongrois, c’est très compliqué. Je parlais déjà thaïlandais, il va me falloir du temps pour m’y habituer. Cela fait à peine un mois que je suis là. Mais je sais déjà dire bonjour ! Après, c’est vrai qu’il y a pas mal de différences. Notamment au niveau du climat. Il fait beaucoup plus froid ici. Ce n’est pas facile mais je m’accroche. Il y a des Francophones donc ils m’aident un peu. Il y a un Français, un Sénégalais et un Ivoirien. Mais je suis un solitaire. Je suis
souvent seul, cela me permet de rester concentré.

Quel est le niveau réel du championnat magyar ?

Il est plutôt bon. C’est assez difficile, il y a un bon niveau. C’est vraiment un championnat à suivre : il y a du talent. Vous seriez surpris !

Quel est l’objectif du club cette saison ?

Hondved a mal débuté la saison donc là, forcément, on joue le maintien. Quand je suis arrivé en février, nous étions quatorzièmes. Là, nous sommes treizièmes et nous venons de battre le cinquième. On a un match difficile face à Gyor, qui est actuellement troisième.

Et à titre personnel, quel est votre objectif ?

Je veux apporter le plus possible à l’équipe. Depuis que je suis là, le club va mieux. J’aime imaginer que c’est un peu grâce à moi ! (rires) Sérieusement, j’ai juste envie de travailler pour préparer la nouvelle saison.

Vous êtes toujours en contact avec Kolo Touré ?

Bien sûr ! Il s’est marié avec ma grande sœur donc on est toujours en contact. Il me donne souvent des conseils. Mais Kolo, ce n’est pas que mon beau-frère, c’est aussi mon idole. Je le respecte énormément. C’est un exemple à suivre.

Est-ce à dire que vous aimeriez jouer en Angleterre ?

J’ai toujours envie d’aller voir plus haut. C’est normal. On verra si j’ai cette chance un jour. C’est vrai que l’Angleterre me tente. Surtout qu’Arsenal est un club que j’aime beaucoup. J’adore leur façon de jouer. Et puis, l’Angleterre, c’est le top niveau. Si j’allais là-bas, ce serait le top. J’aurais vraiment franchi un cap et ce serait le fruit de tout mon travail.

Et la France ?

Mon agent m’a dit qu’il y avait trois clubs français qui me suivaient. Metz, Valenciennes et Monaco. Sans doute pour la saison prochaine. Mais, moi, je préfère me concentrer sur le terrain. Cela ne m’affecte pas. J’ai un agent et c’est lui qui s’occupe de ça.

Au final, « Akassou » n’est-il pas un nom trop dur à porter ?

Non, non. Ce n’est pas difficile à porter. Akassou, en Côte d’Ivoire, c’est un grand nom de défenseur. Moi, je fais partie d’une nouvelle génération : je suis milieu de terrain. Et puis, jusqu’à présent, ce nom ne m’a pas trop mal réussi. En Côte d’Ivoire, cela a plutôt bien marché. En Thaïlande aussi. Donc, j’espère que cela sera aussi le cas en Hongrie!