Algérie : cadres défaillants, choix de Petkovic déroutants… Comment les Fennecs se sont sabordés contre la Suisse

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Alors qu’elle avait hérité de l’un des adversaires les plus abordables sur le papier pour un troisième de groupes à l’occasion de ces 16es de finale de la Coupe du monde 2026, l’Algérie a donné le bâton pour se faire battre par la Suisse, qui l’a éliminée 2-0 ce vendredi matin à Vancouver.

En 2014, pour le premier match de son histoire à élimination directe en Coupe du monde, l’Algérie était tombée avec les honneurs contre l’Allemagne, future championne (1-2, a.p.), au terme d’un match qui a marqué toute une génération de supporters. Douze ans plus tard, le deuxième match à ce niveau dans l’histoire du football algérien restera aussi dans les mémoires, mais pas pour les mêmes raisons…

En effet, les Fennecs se sont sabordés tout seuls contre la Suisse, sans jamais donner l’impression d’être en mesure de revenir dans ce match. La faute à des cadres défaillants, notamment Aïssa Mandi et Riyad Mahrez, les deux seuls rescapés de 2014, et Ramy Bensebaini, ainsi qu’aux choix assez déroutants du sélectionneur Vladimir Petkovic.

Les cadres de l’Algérie au coeur du fiasco contre la Suisse

L’Algérie était pourtant bien entrée dans ce match, disputant des premières minutes encourageantes. Mais il a suffi d’une seule offensive de la Suisse pour la voir céder. Côté gauche, Johan Manzambi, l’une des grandes révélations de ce Mondial, s’est joué trop facilement de Mandi pour centrer pour Breel Embolo, auteur de l’ouverture du score en profitant aussi de la passivité de Bensebaini et Rayan Aït-Nouri.

En seconde période, seulement 48 secondes après le retour des vestiaires, l’Algérie s’est définitivement mis la tête sous l’eau en offrant la balle de 2-0 à la Suisse et à Dan Ndoye suite à une double erreur de relance de Bensebaini puis Rafik Belghali. Difficile de faire pire pour se saborder…

A l’autre bout du terrain, Riyad Mahrez, pourtant précieux et décisif en phase de groupes (2 buts, une passe décisive) aura lui aussi incarné cette Algérie incapable de proposer le moindre signe de révolte. Quelques minutes après le but, le capitaine des Verts a disposé de la meilleure occasion du match sur un centre de Belghali, mais il a expédié sa reprise sur Denis Zakaria… Une triste fin pour celui qui a annoncé sa retraite internationale à l’issue du match.

En difficulté dans les deux surfaces, l’Algérie a ensuite évité un naufrage plus lourd encore grâce à un sauvetage de Belghali et un raté de Rieder, qui a permis à Luca Zidane de se mettre en évidence.

Les choix illisibles de Petkovic

Si les cadres n’ont pas été au niveau, la question se pose aussi pour Petkovic. Alors qu’une ossature semblait s’être dessinée progressivement durant la seconde période contre la Jordanie (2-1) puis face à l’Autriche (3-3), le sélectionneur algérien a décidé de la chambouler en faisant sortir du onze l’avant-centre Amine Gouiri au profit du milieu de terrain Ramiz Zerrouki, provoquant par ricochet deux changements de poste : Farès Chaïbi, pourtant très bon en double pivot lors du dernier match, glissant en numéro dix, et Ibrahim Maza en faux neuf.

Ces choix face à son ancienne sélection n’ont absolument pas payé : avec un Zerrouki jouant systématiquement vers l’arrière et apathique sur le deuxième but encaissé, les Algériens ont perdu la bataille du milieu et ont très peu existé offensivement, comme en attestent les 15 maigres ballons touchés dans la surface adverse et leur triste total de 0,74 expected goals. Les entrées en jeu d’Anis Hadj Moussa, qui a tenté quelques débordements, et de Gouiri n’auront pas fondamentalement changé la donne…

L’avenir de Petkovic, prolongé jusqu’en 2028 avant le Mondial, risque de se poser sérieusement dans les prochaines semaines. Tout au long du tournoi, les choix tactiques du sélectionneur le mieux payé d’Afrique (150 000 euros mensuels) auront interrogé…

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Lantheaume Romain

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !