Si on entend de plus en plus de sélectionneurs ou des présidents de fédération protester contre la décision des clubs professionnels français de retenir leurs internationaux non-européens, en revanche les joueurs africains, pris entre deux feux, restent assez silencieux sur le sujet. Jeudi, l’attaquant de l’Olympique Lyonnais, Islam Slimani, y est tout de même allé de son petit coup de gueule. Reprenant les propos de l’entraîneur de Rennes, Bruno Genesio, qui s’étonnait de la différence de traitement entre les internationaux européens, laissés à disposition de leur sélection, et les autres, l’international algérien a écrit un «Pourquoi ?» qui en dit long sur Twitter.

Dans la foulée, le syndicat des joueurs professionnels en France, l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), a soutenu la position du Fennec à travers un communiqué qui demande à l’Etat français de faire le nécessaire pour que les joueurs africains puissent représenter leur pays à l’occasion des deux dernières journées des éliminatoires de la CAN 2021 à la fin du mois.

«Une discrimination que l’État français ne peut continuer à porter»

«L’UNFP partage la légitime incompréhension des footballeurs internationaux autres que français de nos différents championnats, appelés à disputer des rencontres hors de l’UE, comprend leur détresse, partage leur colère, notamment manifestées auprès d’elle par les sept joueurs lyonnais concernés, et soutient leur démarche après qu’ils se sont vus signifier l’interdiction de rejoindre leur sélection nationale à laquelle ils sont évidemment particulièrement attachés», a déploré le syndicat en dénonçant une injustice.

«Au regard de celles accordées par notre pays aux joueurs de l’équipe de France A et aux représentants des pays de l’UE, qui ne seront pas obligés de se soumettre à une période de ‘septaine’ à leur retour sur le territoire national, l’UNFP insiste sur la nécessité pour l’État français d’accorder les mêmes dérogations à l’ensemble des joueurs lorsque les conditions demandées sont aussi respectées par les fédérations étrangères…», a plaidé l’organisme. «Car ces décisions témoignent aujourd’hui d’une discrimination que l’État français ne peut continuer à porter et dont il doit, au contraire, se départir dans les plus brefs délais. Au-delà des valeurs d’égalité, sur lesquelles reposent les fondements même de la République, il est aussi question ici d’équité des compétitions, qui ne saurait être réglée ailleurs que sur le terrain.» A l’instar de la FFF, saisie par son homologue sénégalaise, les autorités françaises sont invitées à se prononcer afin de trouver une solution à cet épineux problème…