Coupe du monde 2030 : et si la Côte d’Ivoire était la meilleure chance africaine au Maroc ?

Publié le par

Co-organisée par le Maroc, la Coupe du monde 2030 pourrait coïncider avec l’apogée d’une génération de talents hors-normes pour la sélection de Côte d’Ivoire.

La Coupe du monde 2026 de la Côte d’Ivoire laisse un sentiment contrasté. D’un côté, les Éléphants ont franchi le premier tour pour la première fois de leur histoire, remportant deux de leurs trois matchs de groupe et proposant un football séduisant.

De l’autre, leur élimination dès les seizièmes de finale face à une impressionnante Norvège (2-1) a laissé un goût d’inachevé. Mais si ce Mondial n’était finalement que le début de quelque chose de beaucoup plus grand ?

Une génération ivoirienne qui n’en est qu’à ses débuts

Seulement 31e au classement FIFA au sortir de la compétition, la Côte d’Ivoire ne fait pas encore partie des grandes puissances mondiales. Mais elle possédait déjà l’un des plus gros potentiels de cette Coupe du monde.

Avec une moyenne d’âge de 25,35 ans, les hommes d’Emerse Faé étaient tout simplement la sélection la plus jeune du tournoi, devant l’Équateur. Plus révélateur encore, seuls quatre joueurs avaient déjà atteint la trentaine.

Dans ces conditions, sortir des poules en proposant un football ambitieux apparaît déjà comme une vraie réussite. D’autant que les Éléphants avaient envoyé un premier signal quelques semaines plus tôt en battant la France en match amical (2-1), avant de tenir la dragée haute à l’Allemagne (1-2).

Des armes offensives qui font saliver

Peu de sélections africaines, voire mondiales, peuvent aujourd’hui se vanter d’une telle richesse sur les ailes.

À seulement 19 ans, Yan Diomandé a confirmé pendant le Mondial pourquoi il est considéré comme l’un des plus grands phénomènes de sa génération. À ses côtés, Bazoumana Touré, tout juste transféré à Newcastle contre 50 millions d’euros, possède lui aussi un potentiel immense malgré une Coupe du monde plus discrète.

Et dans cette abondance de talent, on oublierait presque Amad Diallo. À 24 ans seulement, le cadre de Manchester United a pourtant rappelé toute sa classe avec un superbe but contre la Norvège malgré une compétition disputée diminué physiquement.

Yan Diomandé, Amad Diallo, Côte d'Ivoire
Yan Diomandé et Amad Diallo déçus sur le banc de la Côte d’Ivoire. Crédits photo : DeFodi Images / Icon Sport

La concurrence est telle qu’un joueur comme Martial Godo n’a même pas trouvé sa place dans la liste mondiale, devancé par un Nicolas Pépé qui a réussi son retour en sélection.

En pointe, Ange-Yoan Bonny (26 ans en 2030) et Elye Wahi (27 ans en 2030) auront eu quatre années supplémentaires pour franchir un cap et développer des automatismes en sélection. Leur rendement international reste encore perfectible, mais leur potentiel demeure élevé.

La défense des Eléphants déjà très solide

L’avenir paraît tout aussi prometteur derrière.

Trop juste physiquement pour jouer à la Coupe du monde après une blessure contractée en club, le taulier Evan Ndicka n’aura que 31 ans en 2030 et sera probablement dans la pleine maturité de sa carrière aux côtés d’Odilon Kossounou et Wilfried Singo, auteurs d’un mondial solide. Derrière eux pousse déjà Ousmane Diomandé, qui n’aura que 26 ans lors du prochain Mondial et qui figurait déjà sur les tablettes du PSG et de Chelsea avant même la Coupe du monde 2026. Dans le couloir droit, Guéla Doué sera arrivé à pleine maturité à 27 ans et les Eléphants auront le temps de lui trouver un pendant gauche.

Au milieu, Franck Kessié pourrait encore être présent à 34 ans, lui qui s’apprête à revenir en Europe après son passage  de trois saisons en Arabie saoudite. Fraîchement recruté par la Fiorentina, Christ Inao Oulaï (24 ans en 2030) aura lui pris de la bouteille. Les seuls véritables cadres susceptibles d’avoir quitté la sélection sont Jean Michaël Seri qui a annoncé sa retraite internationale, Seko Fofana et Nicolas Pépé (35 ans en 2030), ainsi que Ghislain Konan (34 ans).

Surtout, la quasi-totalité de cette génération arrivera avec quatre années d’expérience supplémentaires, une Coupe du monde dans les jambes et probablement deux CAN disputées.

Christ Inao Oulaï, Côte d'Ivoire-2
Christ Inao Oulaï porté en triomphe par Seko Fofana © Rodolfo Buhrer/AGIF/Sipa USA/Icon Sport

Le travail d’Emerse Faé portera ses fruits

Champion d’Afrique à domicile en 2024, Emerse Faé continue de bâtir patiemment son projet, bien qu’essuyant quelques critiques.

Né à Nantes, son parcours lui permet de comprendre parfaitement les attentes des nombreux binationaux, tandis que la Côte d’Ivoire continue également de produire ses propres talents. Pas moins de 16 joueurs présents au Mondial 2026 avaient commencé leur formation au pays ivoirien, preuve que le travail local reste particulièrement performant.

Et le réservoir est loin, très loin d’être épuisé.

Le Maroc 2030, une opportunité unique pour les Eléphants

Bien sûr, le Maroc fera naturellement partie des grands favoris à domicile en 2030, tant les Lions de l’Atlas disposent eux aussi d’une génération exceptionnelle.

Mais la Côte d’Ivoire pourrait profiter d’un contexte particulièrement favorable. Disputer une Coupe du monde en Afrique, dans un pays où réside une importante communauté ivoirienne et avec lequel les liens historiques sont forts, offrira aux Éléphants un environnement qui ressemblera presque à des matchs à domicile.

Si cette génération confirme toutes les promesses entrevues en 2026 et poursuit sa progression au même rythme, elle pourrait bien devenir, dans quatre ans, l’une des plus sérieuses candidates africaines à un parcours historique au Mondial.

Aujourd’hui, cela reste une hypothèse. Mais au vu de son potentiel, de sa jeunesse et de la qualité de son vivier, la Côte d’Ivoire possède sans doute l’un des plafonds les plus élevés du football africain actuel.

Coupe du monde 2030 : et si la Côte d’Ivoire était la meilleure chance africaine au Maroc ?

Louis Mukoma Fargues