Attaquant vedette de la JS Kabylie, Albert Ebossé Bodjongo est mort des mains mêmes des supporters qui l’ont tant adulé, samedi. Partout où il est passé ce globe-trotter a laissé un souvenir impérissable sur les terrains comme en dehors. Portrait d’un Lion fauché en pleine ascension alors qu’il venait d’être père…


Samedi, Albert Ebossé Bodjongo est mort. Au stade du 1er novembre de Tizi-Ouzou, théâtre de ses exploits depuis un an. Victime d’un projectile lancé par un « supporter » mécontent de la défaite infligée par l’USM Alger à la JS Kabylie (1-2) dans le « Classico » de la 2e journée du championnat algérien. Sans doute un de ces mêmes fans qui l’a tant adulé depuis un an.

« Chouchou des supporters« , « idole de la JSK » : les superlatifs venaient à manquer aux médias algériens pour désigner le « Lion Kabyle ». Sacré meilleur buteur de Ligue 1 en 2013/14 avec 17 réalisations, il avait était le fer de lance de la renaissance des Canaris, deuxièmes du dernier exercice et finalistes de la Coupe d’Algérie.

Proche des Lions Indomptables

Auteur de deux buts et d’une passe décisive en deux journées, l’attaquant de 24 ans repartait sur des bases aussi élevées cette saison. Avec un objectif : retrouver la sélection camerounaise, dont il a porté le maillot à six reprises. Bien qu’absent de la liste dressée par Volker Finke pour les matches de septembre, Albert Ebossé n’était plus qu’à quelques foulées des Lions Indomptables. « En continuant à travailler, viendra le moment où je serai appelé en équipe nationale. A moi de saisir cette occasion le moment venu« , ambitionnait-il en juillet.

Véloce, athlétique, ce « Tarzan » du football, était un « super mec » souligne Rolland Courbis, l’ancien entraîneur de l’USM Alger. Il faisait l’unanimité sur les terrains comme en dehors. Un adjectif revient avec insistance : « généreux« . Comme le répètent les cinq étudiants camerounais avec qui Ebossé cohabitait à Tizi-Ouzi. Habitué à le croiser sur les pelouses de Ligue 1, l’international algérien Amir Karaoui lui a également rendu hommage sur Twitter.

Partout où il est passé, ce grand admirateur de Samuel Eto’o, son « idole« , a laissé de bons souvenirs. Même en Malaisie où les supporters du Perak FA pour qui il a inscrit onze buts en 2012/13 n’ont pas oublié de lui rendre hommage.

Après des passages au Coton Sport, à l’Union Bafang et au Douala AC, Albert Ebossé avait choisi l’exil pour briller, finissant donc par poser ses valises à Tizi-Ouzou. « C’est une chance pour moi d’arriver dans une si belle ville, où les gens sont vraiment ouverts et accueillants« , se félicitait-il l’été dernier. N’imaginant évidemment pas rendre son dernier souffle en Kabylie.

Jeune papa…

Pisté par des formations françaises (FC Nantes, Montpellier HSC), le Camerounais était resté cet été et n’excluait pas de rempiler avec la JSK du président Hanachi, qu’il considérait comme son « père » dixit le dirigeant, qui s’est évanoui en apprenant la terrible nouvelle. Mais le « rêve » du Camerounais restait d’évoluer un jour « en France ou en Europe« .

Cible de quolibets racistes à Sétif en mars dernier, il avait répliqué avec un but célébré par une « danse du singe« . « Le football, c’est un plaisir, ce n’est qu’un jeu, alors aller aussi loin qu’ils l’ont fait…« , regrettait l’attaquant. Loin de se douter que la bêtise humaine n’avait montré ce jour-là qu’une partie de son ignominie et que le pire restait à venir…

Le pire a eu lieu ce samedi 23 août 2014 avec la mort du « Lion Kabyle ». Lui qui venait d’être papa d’une fillette, née au Cameroun deux jours plus tôt. Il n’aura jamais l’occasion de la prendre dans ses bras…

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