Suspendue depuis le mois de février 2022 par la FIFA et l’UEFA, après que l’armée russe a envahi l’Ukraine, la Russie, autorisée à jouer en amical, multiplie les matchs, notamment contre les sélections africaines. Le Mali jouera ainsi à Moscou, le 27 mars.
Le 27 mars prochain, comme l’avait annoncé Afrik-Foot, le Mali se rendra à Moscou pour y affronter la Russie. La sélection ouest-africaine sera la quatrième nation du continent à affronter la Sbornaya dans la capitale russe depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine après le Cameroun (0-1) en 2023, puis la Zambie (0-5) et le Nigeria (1-1) en 2025, et la cinquième à jouer contre la Russie de manière générale, puisque le Kenya l’avait défiée en octobre 2023 à Belek en Turquie (2-2).
La suspension de la fédération russe par la FIFA et l’UEFA, valable pour toutes les sélections, pour les compétitions telles que la Coupe du monde, l’Euro, la Ligue des nations et les coupes d’Europe pour les clubs, ne concerne pas les matchs amicaux. Ainsi, outre les quatre sélections africaines mentionnées plus haut, la Russie a rencontré des équipes d’Asie (Irak, Jordanie, Qatar, Iran, Syrie, Tadjikistan, Kirghizistan, Brunei, Ouzbékistan…), d’Europe (Serbie, Bélarus), d’Amérique du Sud (Chili, Pérou, Bolivie) ou de la CONCACAF (Cuba, Grenade), autrement dit des pays ayant de bonnes relations avec Vladimir Poutine.
Tous frais payés à Moscou
Si la Russie s’est déplacée à quelques occasions, elle a surtout joué ses matchs à domicile. «La fédération russe a des moyens financiers assez importants. Elle peut donc inviter des sélections, africaines notamment, en prenant en charge les billets d’avion, l’hébergement et les transports sur place, et payer en plus un cachet de quelques centaines de milliers d’euros », nous explique un agent de matchs sous couvert d’anonymat.
La Russie se sert de ses liens diplomatiques avec certains Etats africains pour faciliter l’organisation de matchs amicaux. Ainsi, la venue du Nigeria à Moscou au mois de juin dernier avait été négociée en amont entre les ministres des Affaires étrangères russe et nigérian, avant que les deux fédérations ne se mettent d’accord sur les modalités financières, logistiques et sportives.
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Ces derniers mois, la fédération russe a ainsi eu des contacts avec ses homologues centrafricaine, burkinabé, angolaise et malienne. « Financièrement, ce que propose la Russie est intéressant. Mais comme il faut passer par des pays tiers pour aller à Moscou, comme la Turquie, puisqu’il n’y a plus de vols entre la France et la Russie par exemple, cela demande une grosse logistique, qui peut parfois être contraignante », poursuit une autre source.
La Russie en marge du football européen et mondial
Les bonnes relations entre Moscou, qui cherche à étendre son influence en Afrique et plusieurs pays du continent, ne sont pourtant pas une garantie pour la conclusion de matches amicaux. Selon les informations d’Afrik-Foot, il n’y aura pas d’autre sélection africaine présente sur le sol russe au mois de mars, puisqu’il semblerait que la Sbornaya affronte une équipe de la CONCACAF (le Nicaragua ?).
« La Russie a de plus en plus de mal à trouver des adversaires, mais comme elle paye, et plutôt bien, elle y parvient quand même », ajoute une autre source.
Récemment, Gianni Infantino, le président de la FIFA, s’était dit favorable à la levée de la suspension de la fédération russe. Mais Aleksander Ceferin, le président slovène de l’UEFA, est loin de partager cet avis. Toujours exclue de la Ligue des nations, dont le tirage a eu lieu le 12 février dernier, la Russie a très peu de chances de participer aux qualifications pour l’Euro 2028, qui débuteront en mars 2027 (tirage au sort le 6 décembre prochain à Belfast, ndlr). En attendant de pouvoir de nouveau se frotter aux sélections européennes lors de matchs officiels, elle devra continuer à chercher des adversaires un peu partout dans le monde.

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