“Le football tunisien ne peut pas continuer comme ça”… Les Aigles de Carthage entre larmes et colère après leur élimination laborieuse à la Coupe du monde 2026

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La déception des Aigles de Carthage est immense après l’élimination de la Tunisie à la Coupe du monde 2026.

Appelé en mission sauvetage, Hervé Renard n’a pas réussi à faire de miracle. Une semaine après la débâcle 5-1 contre la Suède sous les ordres de Sabri Lamouchi, la Tunisie s’est encore lourdement inclinée 0-4 face au Japon synonyme d’élimination de la Coupe du monde 2026. Comme à chaque fois en 2022, 2018, 2006, 2002, 1998 et 1978, les Aigles de Carthage ne voleront pas plus haut que le premier tour.

Le football tunisien en retard, le constat cinglant de Skhiri

Les joueurs avaient la gueule de bois après le match. Le capitaine Ellyes Skhiri a dressé un constat amer qui revient sur toutes les lèvres. Celui selon lequel le football tunisien est en retard sur plusieurs autres sélections africaines. 

« Beaucoup d’équipes en Afrique ont progressé. Le football tunisien ne peut pas continuer dans cette direction et doit être revu à tous les niveaux. »

Acteur impuissant de ce nouveau fiasco, Hannibal Mejbri avait déjà crevé l’abcès en janvier dernier suite à l’élimination dès les huitièmes de finale de la CAN 2025 au Maroc. Visiblement sans effet.

Le résultat d’une somme de dysfonctionnements, selon Hazem Mastouri

Même son de cloche chez Hazem Mastouri, non entré en jeu ce dimanche, ni lors de la déroute face à la Suède. L’attaquant évoque des dysfonctionnements depuis la préparation en Tunisie.

« Je n’ai rien à dire, le football tunisien doit être réformé de fond en comble. Depuis le stage de préparation à Tabarka, beaucoup de choses se sont mal passées. »

Les larmes d’Ali Abdi

Ali Abdi, lui, n’a pas pu retenir ses larmes. Le latéral qui vivait peut-être sa dernière Coupe du monde à 32 ans a présenté ses excuses aux supporters. Il a tancé les médias, accusés d’alimenter l’atmosphère anxiogène autour de la sélection. 

« Je m’excuse auprès des supporters tunisiens, pas auprès des gens qui s’amusent à sortir des informations à droite à gauche. Ce n’est pas dans l’intérêt du pays. »

Il a également secoué les dirigeants dans un message déguisé, accusés implicitement d’une fuite en avant, d’avoir interféré dans les choix de l’ex-sélectionneur Sabri Lamouchi avec pour conséquence une liste incohérente.

« Nous n’avons pas le temps de travailler, on casse tout pour reconstruire à chaque fois à la place de corriger les défauts. On vient jouer une Coupe du monde avec des joueurs qui n’ont jamais joué ensemble. On ne peut pas préparer un Mondial en disputant quelques matchs à peine, face à des adversaires qui se préparent depuis des années. »

Selon le journaliste d’investigation Romain Molina, certains membres de la Fédération tunisienne de football (FTF) devraient démissionner à leur retour au pays. L’état-major voudrait quant à lui s’accrocher au pouvoir, y compris le « président fantôme » Moez Nasri.

“Le football tunisien ne peut pas continuer comme ça”… Les Aigles de Carthage entre larmes et colère après leur élimination laborieuse à la Coupe du monde 2026

Prudence Ahanogbe

Couteau suisse de la rédaction footballistique, je perce mon trou grâce au dépassement de soi. Sur mon versant gauche, un don indescriptible pour l’écriture, un peu comme Messi, et sur le versant droit, beaucoup de travail, à la Cristiano Ronaldo.