L’arrivée attendue de Mohamed Ouahbi pour succéder à Walid Regragui comme sélectionneur des Lions de l’Atlas ouvre une nouvelle phase pour la sélection marocaine. Fort d’une réputation solidement bâtie dans la formation et auréolé d’un sacre mondial avec les U20, le technicien belgo-marocain incarne un changement de profil mais aussi, potentiellement, une évolution dans l’identité de jeu.
En passe d’être nommé sélectionneur du Maroc à la surprise générale, Mohamed Ouahbi va diriger les Lions de l’Atlas à la Coupe du monde 2026. En attendant les matchs amicaux contre l’Equateur le 27 mars puis contre le Paraguay trois jours plus tard, qui permettront de se faire une idée plus précise de sa philosophie, les interrogations vont bon train. Voici les principaux changements à attendre avec Mohamed Ouahbi pour la sélection du Maroc.
Un style de jeu plus dynamique que Regragui
Sur le plan du jeu, Mohamed Ouahbi s’inscrit dans une approche moderne. Son football repose sur un volume de courses important, une intensité élevée et une certaine flexibilité tactique. Historiquement à l’aise dans des systèmes comme le 3-4-3 ou le 4-3-3, il a également montré avec le Maroc U20 sa capacité d’adaptation, notamment à travers l’utilisation du 4-2-3-1. Un système parfois utilisé par Regragui, bien qu’il privilégiait le 4-3-3.
Le style de Ouahbi est perçu comme plus direct et plus rythmé que celui associé à la fin de cycle de Regragui. Il ne s’agit pas nécessairement d’une révolution, mais plutôt d’une inflexion dans les principes, avec davantage d’intensité et de projection. Toutefois, à quatre mois du Mondial, la marge de manœuvre reste étroite. La logique voudrait qu’Ouahbi privilégie une forme de continuité dans un premier temps, afin de ne pas bouleverser des repères déjà installés.
Quelle place pour “ses” jeunes ?
Même si Walid Regragui n’a jamais fermé la porte aux jeunes profils, son manque d’ouverture était récemment critiqué. Ouahbi arrive, lui, avec une étiquette bien plus marquée de formateur, presque une identité. Ce bagage constitue naturellement un signal positif pour la jeune génération marocaine et la question revient inévitablement : le nouveau sélectionneur favorisera-t-il les joueurs qu’il a révélés ou accompagnés en U20 ? Des noms comme Othmane Maamma ou Yassir Zabiri émergent naturellement dans les discussions.
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Mais la réalité du très haut niveau impose d’autres équilibres. Conscient du changement de dimension, Ouahbi sait qu’il entre dans une catégorie où la hiérarchie, l’expérience et la pression dictent leurs propres règles. S’il s’est affirmé comme un technicien proche des jeunes, il ne devrait pas pour autant accorder de passe-droit, surtout à l’approche d’une Coupe du monde.
En revanche, sa sensibilité au potentiel et à la progression pourrait offrir une opportunité supplémentaire à certains profils. À condition, évidemment, que les performances en club suivent. Abdelhamid Aït Boudlal, qu’il a connu en U20, pourrait-il profiter de la retraite internationale de Romain Saïss pour viser un statut de titulaire ? Très en vue avec Strasbourg, le milieu Samir El Mourabet, qu’il a aussi dirigé, pourrait aussi voir la porte des A s’ouvrir.
Mohamed Ouahbi, un atout supplémentaire pour convaincre les binationaux ?
Déjà très attractif ces dernières années vis-à-vis des binationaux, le Maroc disposera d’un atout en plus avec Mohamed Ouahbi, très convaincant dans cet exercice durant son passage avec les U20 et qui aurait notamment joué un grand rôle dans le choix de Chemsdine Talbi de privilégier le Maroc à la Belgique. Une carte en plus à jouer dans des dossiers comme celui de Rayan Bounida, qu’il a connu à Anderlecht, ou encore Ayyoub Bouaddi.

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