La demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations entre l’Algérie et l’Egypte, ce jeudi à 20h30, a déjà commencé par presse interposée. Reste que sur le pré vert, le terrain de football, il faudra oublier les déclarations tapageuses pour assurer sa place en finale de la CAN.


Algérie-Égypte n’est qu’une demi-finale de Coupe d’Afrique des Nations. Du moins, à en croire les médias. C’est aussi « La revanche », « Une demi-finale sous haute tension », « Le match de toutes les peurs », « Un match explosif », « Une rencontre qui n’a rien de normal »… Bref, un match de football que toute la planète attend et surveille.

Et les médias ne sont pas loin d’avoir tort, même s’ils font dans l’emphase. La dernière fois que les deux rivaux d’Afrique du Nord se sont rencontrés, cela a tourné à la bataille rangée… entre supporters. Sur le terrain de Khartoum, les Fennecs ont arraché leur billet pour le Mondial sud-africain face à des Pharaons pourtant double champions d’Afrique.

« Donner une leçon de football à l’Algérie »

Et ce sont ses mêmes Égyptiens qui se sont lancés dans une bataille de mots. Sayed Moawad, le milieu de terrain, a ainsi été le premier à jeter de l’huile sur le feu sur les ondes d’une radio locale: « Le prochain match se jouera sur le terrain, loin des problèmes. Mais nous allons donner une leçon de football aux Algériens. Nous voulons prouver que nous ne nous sommes pas qualifiés pour la Coupe du monde à cause de certaines circonstances. Nous voulons que les fans égyptiens continuent de chanter ! » Quelques heures plus tard, c’est le buteur du Borussia Dortmund, Mohammed Zidan qui en remet une couche sur MTNfootball.com: « Ce sera un match à la vie à la mort. Pour les deux équipes, ce sera un peu comme une guerre. Pour nous, c’est une chance de montrer au monde que nous méritions d’aller à la Coupe du monde et si nous les battons, nous pourrons regarder le Mondial avec fierté. Nous sommes ceux qui n’ont pas de pression. Nous sommes les champions et nous sommes meilleurs. Tout le monde verra qui est la meilleure équipe. »

Pas de quoi inquiéter Nadir Belhadj pourtant. L’ancien Lensois a calmé le jeu en conférence de presse: « L’Égypte est une très bonne équipe. Nous aussi, nous sommes dans une belle dynamique après un début raté dans la compétition. C’est un gros match en vue. » Confiant dans le jeu des Fennecs, le joueur de Portsmouth a tenté de dédramatiser : « On va essayer de développer notre jeu comme on l’a fait jusqu’à présent et de faire un bon match. Nous n’avons pas de pression particulière. » Mais son coéquipier, Hammeur Bouazza attend les Pharaons de pied ferme: « C’est génial de jouer l’Égypte encore une fois. Cela nous permettra de prouver que nous les avons battu à la loyale et pas avec de la chance. Au Soudan, nous l’avons emporté grâce à notre travail et au talent de nos joueurs. Le groupe a du caractère et l’esprit d’équipe est sans doute notre meilleure force. »

L’Egypte joue en équipe

Mais, une fois sur le terrain, les belles paroles, les poitrines gonflées et les fanfaronnades seront oubliées. Place au football. Et là, ce sera une autre paire de manches pour les Fennecs. Après une entame catastrophique face au Malawi (0-3), les hommes de Rabah Saâdane ont cependant su rebondir, allant même jusqu’à battre les Ivoiriens en quarts (3-2). Plus que le résultat, c’est la manière qui aura plus aux supporters de la Khadra les plus exigeants. De l’envie, de la technique et un esprit commando irremplaçables auront permis aux Fennecs de terrasser les Éléphants. Même lorsque Kader Keita envoie la Selefanto en demies à une minute du coup de sifflet final, les Algériens n’ont pas baissé pavillon. Les Guerriers du Désert sont-ils de retour?

Réponse jeudi, à 20h30, face aux doubles champions d’Afrique. Les hommes d’Hassan Shehata ont fait forte impression depuis le début de la compétition. Les Pharaons, tel un rouleau compresseur, ont écrasé la compétition et remporté, jusqu’à présent, tous leurs matches. Les voilà à une marche d’un triplé jamais réalisé auparavant sur le continent. « Les meilleurs équipes du continent ont peur de nous parce que nous travaillons en équipe: nous ne nous appuyons pas sur des individualités, a assuré Shehata à la télévision égyptienne. Des joueurs comme Emad Meteb, Ahmed Hassan ou Mohamed Zidan ont manqué beaucoup d’occasions contre le Cameroun mais nous sommes toujours là. C’est la preuve que nous avons beaucoup de bons joueurs qui peuvent inquiéter nos adversaires! »

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