Dans le premier match de la poule D, le Ghana s’est difficilement imposé face au Botswana (1-0). Mensah, sur corner, a assuré la victoire des Black Stars, dominateurs dans le jeu mais qui se sont créés peu d’occasions. Le Botswana, courageux, mais trop limité offensivement, n’a pas à rougir pour sa première participation à la CAN mais peut nourrir quelques regrets après avoir été en supériorité numérique pendant la dernière demi-heure.


Dans un stade de Franceville au deux-tiers vide, l’équipe du Ghana se devait de tenir son rang de favori après les faux-pas du Maroc, défait par la Tunisie (2-1) dans le groupe C, et du Sénégal, battu par la Zambie (1-2) dans le groupe A.

Face à une équipe du Botswana qui n’avait rien à perdre, l’équipe concoctée par Goran Stevanovic affichait ses intentions offensives avec un 4-2-3-1 avec le seul Asamoah Gyan en pointe contre un 4-5-1 compact qui a bien bouché les espaces en début de match. Très solide en défense, Mensah a formé avec Boye une paire impériale dans les airs et très sure dans ses interventions, notamment face à la vitesse de Jerome Ramatlhkwane (17e, 35e). Une prestation à l’image du parcours du Ghana en éliminatoires, qui n’a concédé qu’un but en six matches. C’est d’ailleurs du capitaine de la sélection qu’est venu la lumière. En reprenant victorieusement une tête légèrement déviée sur corner à la 25e minute, le Lyonnais a sorti ses coéquipiers d’un bien mauvais pas. Le héros s’est même « sacrifié » en récoltant un carton rouge pour avoir stoppé à l’entrée de la surface Jerome Ramatlhkwane qui filait au but (66e).

Mensah, capitaine courage

Jusqu’alors, les Black Stars s’étaient contentés d’un domination stérile. Si Inkoom et Paintsil ont assuré en défense, les deux latéraux n’ont pas eu l’apport offensif escompté, la sélection de Goran Stevanovic devant s’en remettre aux éclairs de André Ayew. Dans son style caractéristique, le milieu de l’Olympique de Marseille est à l’origine de la plupart des occasions de son équipe. Généreux et percutant, l’ainé des Ayew a été contraint de récupérer le ballon très bas pour pouvoir peser sur le jeu, notamment dans la dernière demi-heure ou son équipe a été réduite à dix. En difficulté dans le jeu, le Ghana s’en est remis aux coups de pieds arrêtés pour se montrer dangereux, un domaine où le fils du Ballon d’Or africain s’est montré précieux, en étant à l’origine de deux coups francs aux 25 mètres (7e et 12e) puis sur une frappe trop molle (38e).

Titularisé à la pointe de l’attaque ghanéenne, Asamoah Gyan a lui été à la peine. L’ancien Rennais, à l’image de son équipe, a multiplié les maladresses, bien pris par la défense botswanaise. Que ce soit par des frappes contrées (33e), hors cadre (37e et 79e), ou des courses ou il fut trop court (37e), l’autre star de l’attaque, toujours aussi isolé devant, n’a jamais réellement pesée avant de disparaître totalement du match.

Une domination stérile

Parfait exemple du schéma de jeu botswanais, Phenyo Mongala. Le milieu du Bloemfontein Celtic toujours au pressing, tonique dans ses interventions, en stoppant le numéro d’André Ayew (34e), imprécis dans la relance mais toujours présent dans les rares bons coups botswanais. Comme avec ses percées dans la surface arrêtées de justesse (23e, 39e) ou sa talonnade suivie d’un centre sur la seule occasion du Botswana (52e), sauvée sur la ligne par John Boye. Annoncé comme le danger offensif numéro des Zèbres, Jerome Ramatlhkwane, n’a pas confirmé la forme affichée dans les éliminatoires (5 buts sur les 7 inscrits par son équipe). Hormis une tête qui aurait pu faire mouche sans le retour en catastrophe de John Boye (52e), le joueur de Vasco da Gama est resté d’une grande discrétion et n’a pas su profiter de la supériorité de son équipe dans les 25 dernières minutes.

Avec cette victoire le Ghana a assuré le service minimum et tient son tableau de marche dans le groupe D. A l’image de la Côte d’Ivoire, les Black Stars, attendus au tournant, sont en tête du classement mais affichent un réelle marge de progression et devront confirmer contre des adversaires d’un calibre. Le Botswana, quant à lui, n’a plus qu’à espérer un nul dans derby de l’Afrique de l’Ouest dans le match de ce mardi soir entre le Mali et la Guinée (20 heures).