La nouvelle édition de la Coupe de la Confédération (l’équivalent africain de la Ligue Europa) qui débute ce vendredi est marquée par les débuts de deux novices, le Paradou AC (Algérie) et le FC Pyramids (Egypte), qui vont vivre le premier match continental de leur histoire. Dans un genre très différent, ces deux équipes valent le détour.

Paradou, ou les bienfaits de la formation

Le Paradou AC a vu le jour en 1994 dans le quartier d’Hydra, situé sur les hauteurs d’Alger. Fondé, entre autres, par Kheireddine Zetchi, l’actuel président de la Fédération algérienne de football, ce club a véritablement débuté son ascension en 2007 suite à un premier passage infructueux en D1. C’est en effet cette année-là que Jean-Marc Guillou, formateur réputé sur le continent, et surtout son frère Olivier, décédé en 2015, vont mettre en place au Paradou une académie qui s’est peu à peu imposée comme une référence.

Ceux qu’on surnommait au départ «les pieds nus d’Alger» pour leur propension à s’entraîner sans chaussure, afin d’améliorer leur technique dixit leurs formateurs, ont permis à plusieurs talents d’éclore. Le premier joueur à véritablement émerger fut le Rennais Ramy Bensebaini, ensuite suivi par la pépite de Nice Youcef Atal. Et l’avenir s’annonce des plus prometteurs avec Hicham Boudaoui, vainqueur de la CAN 2019 avec l’Algérie, Zakaria Naidji, meilleur buteur de D1 algérienne la saison passée et fraîchement transféré à Gil Vicente au Portugal, ou encore Haithem Loucif, souvent comparé à Atal, tous amenés à se révéler au cours des années à venir. Revenu en D1 en 2017, le club a terminé 7e à l’issue du premier exercice puis 3e la saison passée, ce qui lui a ouvert les portes de la CdC. Baptême du feu ce vendredi soir face aux Guinéens du CI Kamsar.

Pyramids FC, les pérégrinations d’un nouveau riche

L’histoire du Pyramids FC est plus brève et moins romantique. Celle-ci débute à l’été 2018 lorsque le richissime Turki Al-Sheikh, président de l’Autorité sportive saoudienne, rachète le club égyptien d’Assiouty Sports, fondé en 2008, pour le renommer en Pyramids FC. A coups de millions d’euros (plus de 50 M€ dépensés en quelques mois), il en fait une équipe capable de s’accrocher pendant une bonne partie du championnat aux géants Al Ahly et Zamalek pour finalement terminer 3e et se qualifier en CdC.

Après avoir menacé à plusieurs reprises de fermer le robinet en raison de désaccords avec les autorités égyptiennes, Turki Al-Sheikh, a finalement revendu le club cet été à l’Emirati Salem Al Shamsi. Ce changement de propriétaire a entraîné le départ des stars comme le Brésilien, Keno, parti à Al Jazira aux Emirats Arabes Unis, ou encore du Péruvien Christian Benavente, en instance d’arrivée à Nantes. Malgré tout, l’équipe reste très compétitive avec notamment toute une cohorte d’internationaux égyptiens comme Ahmed Elshenawy, Abdallah El Said, Omar Gaber, Ahmed Mansour et Nabil Dunga, ou encore le Ghanéen John Antwi et l’Ougandais Lumala Abdu, tous deux recrutés cet été.

Et puis les Egyptiens ont frappé un très gros coup le mois dernier en attirant sur leur banc le Français Sébastien Desabre qui venait juste de mener l’Ouganda en 8es de finale de la CAN 2019. Avant de rêver encore plus grand, il faudra se défaire de l’Etoile du Congo dimanche lors du tour préliminaire aller.