Le succès a un prix. Trop élevé pour de nombreux Marocains qui pointent du doigt le salaire d’Eric Gerets, nouveau sélectionneur en chef des Lions de l’Atlas. Selon la presse locale, le technicien belge serait en effet mieux payé que tout le gouvernement réuni…


L’arrivée d’Eric Gerets à la tête de l’équipe nationale du Maroc est un vrai soulagement pour des nombreux amateurs de football. La nomination du technicien belge, passé l’OM, le PSV ou Galatasaray, est le signe d’une ambition véritable de la FRMF. Mais l’ambition a un prix : 250 000€ mensuels.

250 000€ par mois, soit 3 000 000 € annuels. Un salaire colossal pour une fédération aux poches vides. Une rémunération de luxe qui fait du Lion de Rekem l’un des entraîneurs les mieux payés au monde. A titre de comparaison, lors de la Coupe du monde 2010, seul l’Italien Fabio Capello (9 M€/an), à la tête de l’Angleterre, était mieux payé. Et voilà Gerets à égalité avec l’Italien Marcello Lippi (3M€) mais loin devant l’Allemand Joachim Löw (2,5M€), le Néerlandais Bert van Marwijk (1,8 M€), l’Espagnol Vicente Del Bosque (1,5 M€), l’Argentin Diego Maradona (800 000€), les Français Paul Le Guen (650 000€) ou Raymond Domenech (560 000€).

Très cher Gerets

Ce montant a provoqué de vives réactions dans tout le pays. Et notamment sur internet : Facebook s’y est mis, tout comme de nombreux blogs ou forums : « Pour avoir une idée de ce que cela représente, prenez les 35 membres du gouvernement, prenez un salaire moyen mensuel de 60 000 DH, et vous aurez une masse salariale mensuelle de 2,1 millions de DH. Pour résumer, un monsieur qui va apprendre à 22 joueurs comment suivre un ballon et marquer des buts, gagne autant qu’un gouvernement qui gère les affaires de tout un pays de 30 millions d’habitants. Cherchez l’erreur… »

La réponse du ministre de la Jeunesse et des Sports, Moncef Belkhayat, ne s’est pas fait attendre. Trois jours seulement après la nomination du Belge à la tête des Lions de l’Atlas, le ministre a rejeté l’information rapportée dans divers médias nationaux et internationaux, jugée « erronée » et « sans fondement ». Quant au salaire exact de Gerets, Belkhayat a botté en touche. Seuls éléments de réponse, une observation du ministre : « Après un examen des salaires des entraineurs, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, on a effectivement trouvé qu’ils touchent de grosses sommes dépassant parfois les salaires des premiers ministres ». Eric Gerets étant un « entraîneur de haut niveau », selon les termes même du ministre, il ne faudrait pas s’étonner d’un salaire mirobolant. Une polémique logique dans un pays où plus de 5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (salaire moyen au Maroc: 300 €) mais qui sera bien vite oubliée si jamais les Lions de l’Atlas atteignaient des sommets.