Khalilou Fadiga est de retour sur les terrains après quatorze mois d’absence. Il n’avait plus rejoué au plus haut niveau depuis que le médecin de l’Inter de Milan avait détecté chez lui une arythmie cardiaque. C’est le club des Bolton Wanderers qui a fait confiance à l’International sénégalais, après que le médecin de l’Olympique de Marseille, au début de la saison, ait refusé de prendre le risque.


Le lion rugit à nouveau. Khalilou Fadiga retrouve la compétition après plus de quatorze mois d’arrêt forcé. L’International sénégalais est rentré durant treize minutes, samedi dernier, dans le match de Premier League (première division anglaise) qui opposait son club, les Bolton Wanderers, à Crystal Palace. Il n’avait plus été aligné au plus haut niveau depuis le 14 juin dernier et un match de qualification à la Coupe d’Afrique des Nations gagné 3-0 face au Lesotho. Quelques jours plus tard, le médecin de l’Inter de Milan, où un Fadiga au sommet de son art venait de signer, lui apprenait qu’il souffrait d’une arythmie cardiaque. L’obligeant à mettre sa carrière entre parenthèse. Après un an et une opération à cœur ouvert, l’enfant de la Goutte d’Or croyait pouvoir rejouer assez rapidement. Avec l’Olympique de Marseille, par exemple, où il s’est entraîné en début de saison grâce à son ami et agent Pape Diouf. Les dirigeants du club étaient d’accord pour le faire signer, ses médecins aussi, mais pas celui de l’OM, qui a opposé son veto. « Je n’ai plus rien compris, j’ai pris mes affaires et je suis parti », regrette l’intéressé.

« Faim de ballons »

Si Fadiga a des amis à Marseille, il en a aussi à Bolton, où il pose finalement ses valises et signe un contrat d’un an renouvelable, le 14 septembre dernier. Il y retrouve son jeune partenaire de sélection, El Hadj Diouf, prêté par Liverpool, le génial Jay Jay Okocha ou encore l’ancien International français Bruno Ngotty. Khalilou Fadiga avoue s’être également bien entendu avec Sam Allardyce, le coach des Wanderers : « À mon arrivée, il m’a fixé une échéance en me donnant quatre semaines pour être prêt. Après plusieurs matches en réserve, il est venu me voir lundi dernier et m’a dit : ‘Khali, ça ne dépend plus que de toi.’ J’ai répondu que j’étais prêt, archi-prêt et que j’avais vraiment faim de ballons ! »

Khali est entré dimanche à la 77ème minute de jeu, face à Crystal Palace, en remplacement de son ami El Hadj Diouf. Pas de but, mais une belle accélération qui failli amener le deuxième but des Wanderers. Et surtout de belles sensations pour le jeune joueur, trop longtemps privé de compétition : « C’est formidable, confiait-t-il à la fin de la rencontre. Sans jouer, j’étais enfermé. Aujourd’hui, je suis libre, enfin ! Je me suis battu et croyez-moi, il va falloir compter avec moi. Il me manque encore le petit plus qui me permettait de faire la différence. Mais ne me parlez plus de mon cœur : je suis parfaitement bien. » Voilà Bolton, actuellement classé cinquième de la Premier League, rassuré.

« Doper le moral » des Lions

De même que les quotidiens sénégalais, qui saluaient lundi matin le retour de leur gaucher préféré. Et anticipaient déjà sur un éventuel retour de l’ex-capitaine des Lions de la Teranga en sélection nationale. « Il ne faut pas s’enflammer », tempère toutefois Abdoulaye Sarr, l’entraîneur adjoint de l’équipe nationale, interrogé par Wal Fadjri. « C’est avec une grande joie que l’on revoie Khali sur le terrain. Il faut prier pour lui et souhaiter que le bon Dieu lui donne les moyens de revenir au meilleur niveau, pour son club, d’abord, qui lui a fait confiance dans des moments difficiles, et pour l’équipe nationale. »

Les Sénégalais pensent d’autant plus à Fadiga que leur équipe a réalisé une piètre Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2004. Elle est actuellement classée première de son groupe de qualification à la Coupe du monde et à la Can 2006, mais à égalité de points avec le Togo et la Zambie. Son jeu n’a plus rien de comparable avec celui pratiqué par l’équipe finaliste de la Can 2002 et quart de finaliste de la Coupe du monde de la même année. « Son retour ne manquera pas de doper le moral de ses partenaires en sélection. Mais celui-ci dépendra de l’état de ses ressources physiques et mentales. Le plus important pour nous c’est de le faire revenir au bon moment », poursuit Abdoulaye Sarr. Le prochain match en qualification des Lions de la Teranga est prévu en mars 2005. De quoi laisser le temps à Fadiga de se refaire une santé.

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