Parmi les 16 qualifiés pour la CAN 2015, s’il y a une sélection qui avance dans l’inconnu, c’est bien la Guinée Equatoriale, qualifiée de dernière minute en tant que pays hôte. Résultats en berne, sélectionneur nommé douze jours avant le coup d’envoi, aucune liste publiée : le Nzalang Nacional cumule les handicaps. Mais le brouillard qui entoure la sélection peut aussi constituer un atout.


Dans un peu plus de 24 heures, le 7 janvier, chacune des sélections participantes à la CAN 2015 devra avoir transmis à la CAF sa liste de 23 joueurs sélectionnés pour la compétition. Toutes les équipes ont au moins dévoilé une pré-sélection, voire une liste finale pour certaines. Toutes ? Pas exactement, puisque la Guinée Equatoriale, pays-hôte de la compétition, maintient le suspense et n’a pour l’instant communiqué aucun nom.

« On n’a pas beaucoup d’informations à leur sujet« , reconnaît Paul Put, le sélectionneur du Burkina Faso, qui affrontera le Nzalang Nacional dans le groupe A de la CAN 2015. Le technicien belge n’est pas mécontent de laisser le Congo essuyer les plâtres contre le pays hôte. « Heureusement, on dispute notre deuxième match contre eux. Ça nous permet de regarder et d’analyser leur jeu« , note le technicien belge, interrogé par RFI. « Il faudra bien regarder le match d’ouverture pour évaluer leurs qualités. »

« Ils sont capables de naturaliser d’autres joueurs« 

Il faut dire que la Guinée Equatoriale n’a plus disputé de matches officiels depuis le 1er juin et la double confrontation contre la Mauritanie, précédent sa disqualification puis son repêchage. Peu d’informations ont filtré sur la préparation du Nzalang Nacional. Tout juste sait-on que l’équipe est regroupée au Portugal depuis mi-décembre à l’issue d’une Coupe de la CEMAC disputée à la maison par les joueurs locaux et bouclée à une décevante 4e place.

Au Portugal, les Equato-guinéens se sont étalonnés contre l’équipe B du Benfica (0-1) et l’UD Vilafranquense (0-2), formation de D4, mordant deux fois la poussière… Si le match amical face au Cap-Vert prévu mercredi à Lisbonne devrait permettre d’en savoir davantage sur le niveau réel du Nzalang Nacional, quelques surprises de dernières minutes ne sont pas à exclure alors que la sélection est célèbre pour sa politique de naturalisation à tout-va (Espagnols, Brésiliens et Colombiens principalement).

Becker, des féminines aux masculins

« On sait qu’ils sont capables de naturaliser d’autres joueurs. J’ai vu qu’ils allaient ajouter de nouveaux joueurs brésiliens et portugais« , avance Paul Put. Si les interrogations sur le rectangle vert sont légion, que dire alors de l’interminable feuilleton qui a entouré l’identité du technicien amené à prendre place sur le banc du Nzalang Nacional ?

Sans sélectionneur depuis la non-reconduction d’Andoni Goikoetxea le 1er janvier, la Feguifoot a fini par se réveiller à douze jours de l’entrée en lice dans ‘sa’ CAN, en confiant les rênes du Nzalang Nacional à Esteban Becker, déjà sélectionneur de l’équipe nationale féminine. Un nom certainement moins ronflant que ceux de Stephen Keshi et Milovan Rajevac qui circulaient. Mais l’Argentin sait comment remporter une CAN. En 2012, il a emmené la sélection féminine sur le toit de l’Afrique.

Cette même année, le Brésilien Gilson Paulo avait pris place sur le banc du Nzalang Nacional seulement 20 jours avant le coup d’envoi de la CAN masculine. Une prise en main tardive qui n’avait pas empêché la Guinée Equatoriale de se qualifier pour les quarts de finale à la surprise générale. L’histoire peut-elle se répéter trois ans plus tard ?