Dans le championnat tunisien, deux équipes se battent pour être au sommet. A ce jeu, le Club Africain est devancé par l’Espérance de Tunis au niveau des titres. Mais, malgré ce différentiel de trophées, la formation tunisienne reste un redoutable adversaire pour les Sang et Or avec 12 championnats, 11 coupes de Tunisie, 3 supercoupes de Tunisie et une Ligue des Champions en 1991. Afrik-Foot revient sur la vie de cette équipe.


Le Club Africain voit le jour le 4 octobre 1920. La fondation de la formation tunisienne a été retardée par les autorités du protectorat français qui ont contesté le premier nom du club qui était « Club islamique africain ». A cette époque, tout club tunisien n’avait le droit d’exister qu’avec l’autorisation des autorités françaises. Après avoir eu gain de cause pour le changement de nom, les Français voulaient la mise en place d’un président français et que les joueurs portent un maillot de couleur bleu… rappelant celui de l’équipe de France. Si les dirigeants clubistes ont cédé à la première requête sur le nom, ils n’ont pas respecté les deux autres.

Malgré des premiers pas compliqués, le Club Africain se développe et résiste à des velléités de fusion avec l’Espérance de Tunis avec la tentative avortée d’Habib Bourguiba en 1934. Comme l’affirment certains de ses pères fondateurs, le Club Africain est le prolongement naturel du Stade africain (association fondée en 1915 et dissoute en 1918, ndlr) dont il conserve les couleurs, l’esprit, une partie du nom ainsi qu’un noyau de joueurs, dont Mohamed Soudani.

Impérial en Tunisie

Si en coulisses tout se met en place, au niveau sportif, la formation tunisienne connaît son accession en première division en 1937 et continue d’évoluer sans discontinuité. L’équipe gagne son premier titre de champion lors de la saison 1946-1947 lors de la dernière journée. Les Clubistes jouent contre leur rival de toujours, l’Espérance Sportive de Tunis (0-0). Un résultat suffisant pour que le CA remporte le titre national. La saison suivante, le club conserve son bien face cette fois-ci à l’Etoile Sportive du Sahel. En 1956, avec l’indépendance du pays, le Club Africain accède pour la première fois de son histoire à la finale de la coupe de Tunisie, mais s’incline contre le Stade tunisien (3-1).

Entre les années 1960 et 1980, le Club Africain remporte la majorité de ses trophées sur le plan national avec la conquête du championnat durant la saison 1963-1964. Il s’agit du premier titre remporté après l’indépendance de la Tunisie, gagné avec un effectif composé de jeunes joueurs comme Tahar Chaïbi, Mohamed Salah Jedidi et Sadok Sassi. L’année suivante, le club termine 2e du championnat, mais sauve sa saison avec la Coupe de Tunisie face à l’Avenir sportif de La Marsa. Après des chassés croisés, une année le titre et celle d’après la coupe nationale, l’année du premier doublé pour le Club Africain arrive en 1967, suivi par un autre en 1973.

Apogée continentale et renouveau

De 1980 à 1990, le Club Africain connaît un déclin sur la scène nationale en alignant les places d’honneur en championnat et en ne glanant qu’un seul titre de champion dans cette période. Mais les Clubistes retrouvent les sommets au début des années 90 avec un succès en Ligue des Champions face aux Ougandais de Villa (6-2, 1-1) en 1991. Le Club Africain devient ainsi la première équipe tunisienne à remporter cette compétition. Alors que l’autre club de la capitale, l’Espérance de Tunis commence sa période dorée, le Club Africain connaît une nouvelle crise de dix ans, période durant laquelle il ne remporte que la Coupe de Tunisie (1998 et 2000) et la Ligue des Champions arabes (1997). Les Clubistes voient aussi les entraîneurs comme les présidents se succéder au Parc A, le centre d’entraînement du club.

Grâce à un bon recrutement lors de la saison 2007-2008, l’équipe brille à nouveau sur la scène nationale avec un nouveau titre à la clé à la fin de l’exercice. Mais la crise politique en Tunisie avec le départ de Ben Ali au pouvoir bouleverse l’organigramme du club et redistribue les cartes. Après une réunion d’urgence, Jamel Atrous est nommé à la tête du club en janvier 2011. Sous son ère, le club africain perd en finale de la Coupe de la confédération face à Mohgreb de Fès. Après un an et demi de présidence, Jamel Atrous est remplacé par Slim Riahi en juin 2012. Après Bertrand Marchand et Pierre Lechantre, c’est donc un 3e français, Bernard Casoni, l’ancien entraîneur d’Evian, qui est à la tête du club de Tunis avec comme objectif de reconquérir le titre national et revenir plus fort sur la scène continentale, talon d’Achille du Club Africain.

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