Coupe du monde 2026 : “la deuxième période a été un vrai spectacle”… pourquoi le Ghana devra montrer plus d’audace en 16e de finale

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Battu par la Croatie (1-2), dans la nuit du samedi 27 à dimanche 28 juin à Philadelphie, lors de la 3e journée du groupe L, le Ghana verra tout de même les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Mais entre première période trop prudente et réveil offensif après la pause, les Black Stars ont aussi exposé leurs limites.

Il y a parfois des matchs qui ressemblent à deux histoires collées l’une à l’autre. Pour le Ghana, cette confrontation face à la Croatie en a offert une belle illustration : une première période fermée, prudente, presque figée, puis une seconde beaucoup plus vivante, plus audacieuse, plus conforme au potentiel offensif des Black Stars. 

Sur le strict plan comptable, cette défaite face aux coéquipiers de Luka Modric n’est pas rédhibitoire. Les hommes de Carlos Queiroz poursuivront leur route parmi les meilleurs troisièmes. Mais ce revers laisse toutefois une question centrale pour la suite de l’aventure : jusqu’où cette équipe peut-elle aller en conservant une approche offensive aussi minimaliste ?

Une approche trop défensive

Depuis le début du tournoi, le Ghana a bâti sa force sur une base claire : un bloc compact, beaucoup de discipline, une densité importante dans l’entrejeu et une volonté assumée de laisser peu d’espaces à l’adversaire. Face au Panama (1-0), puis contre l’Angleterre (0-0), cette recette avait parfaitement fonctionné. 

Contre la Croatie, elle a d’abord donné l’impression de tenir. Les Black Stars ont bien débuté, avec un 4-3-3 modulable en 4-5-1 sans ballon, un trio Partey-Sibo-Owusu dense au milieu et Jordan Ayew en point de fixation.

Mais cette organisation a rapidement montré ses limites. Si le Ghana a longtemps empêché la Croatie de s’installer dans la surface, il n’a presque rien produit dans les trente derniers mètres. « En première période, nous avons eu le ballon, mais nous n’en avons pas fait grand-chose », a convenu, en conférence de presse d’après match, le défenseur Derrick Luckassen, auteur du but égalisateur en seconde période (73e).

Un constat qui résume bien le premier acte des siens. La sanction est pourtant curieusement venue d’une zone que le Ghana avait pourtant longtemps protégée. À la 31e minute, Petar Sucic a eu le temps d’armer une frappe puissante à l’entrée de la surface pour ouvrir le score. Premier but encaissé par les Black Stars dans ce Mondial, et première vraie fissure dans le plan de jeu ghanéen. Avant la pause, seule une percée d’Antoine Semenyo, conclue par une frappe trop croisée, a réellement fait trembler la défense croate. 

“La Croatie a mieux commencé le match”

Mais dès le retour des vestiaires, Carlos Queiroz a ajusté son dispositif en passant vers un 4-4-2 plus offensif. L’entrée d’Issahaku Fatawu à droite a immédiatement changé le visage de l’équipe. Sur son premier ballon, l’ailier de Leicester a déclenché une frappe dangereuse. Quelques minutes plus tard, il a encore débordé pour adresser un centre fort qui a semé le doute dans la défense croate. Semenyo, replacé plus près de Jordan Ayew, a lui aussi semblé moins isolé.

En un quart d’heure, les Black Stars ont produit davantage de situations et d’intentions que sur l’ensemble du premier acte. Le jeu a davantage penché sur les côtés, les projections ont été plus franches, et la Croatie, jusque-là plutôt maîtresse du tempo, s’est retrouvée contrainte de reculer. L’égalisation donc de Luckassen, à la 73e minute, sur un coup franc parfaitement déposé par Ernest Nuamah, entré en jeu, est venue récompenser cette prise d’initiative.

« La Croatie a mieux commencé le match, mais la deuxième période a été un vrai spectacle de football de la part du Ghana », a estimé Carlos Queiroz, jugeant le résultat « injuste » pour son équipe. Le sélectionneur portugais n’a pas complètement tort sur le contenu de la seconde période. Mais le Ghana a aussi payé très cher son manque de concentration dans la foulée : dix minutes après son égalisation, Nikola Vlasic a redonné l’avantage aux Croates de la tête, sur un corner de Luka Modric (83e).

Donner davantage de liberté

C’est peut-être là que se situe la leçon principale avant les seizièmes. Le Ghana version Queiroz sait défendre, souffrir, fermer les espaces et rester dans un match. Cette solidité lui a permis de renaître dans un tournoi où peu l’attendaient aussi consistant. Mais dès que le niveau monte, attendre trop longtemps avant d’oser peut devenir dangereux.

Le réveil aperçu après la pause contre la Croatie ouvre donc une piste. Avec Fatawu, Nuamah, Semenyo ou encore Thomas-Asante, les Black Stars disposent de profils capables d’amener de la vitesse, de la percussion et de la présence dans la surface. Les utiliser plus tôt, ou au moins donner davantage de liberté à l’équipe, pourrait permettre au Ghana de ne pas seulement survivre dans les matches à élimination directe, mais d’y exister pleinement.

La qualification est là, et elle valide en partie le pari Queiroz. Mais la suite exigera sans doute autre chose qu’un bloc solide et quelques transitions. En seizièmes de finale, contre la Colombie, les Black Stars n’auront peut-être pas le luxe d’attendre une mi-temps pour commencer à jouer…

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Mamadou Oury Diallo