Arrivé en paria à Accra en 2008, Milovan Rajevac est devenu une idole en deux à peine. Les fans, les joueurs et la fédération soutiennent aujourd’hui le sélectionneur du Ghana qui a mené les Black Stars en quarts de finale de la Coupe du monde. Le contrat du technicien serbe s’achève dans un peu plus d’un mois et la GFA veut le prolonger.


Formé à l’école yougoslave, Milovan Rajevac fait renaître le mythe du sorcier blanc du côté du Ghana. A la CAN puis à la Coupe du monde, le moins connu des coaches occidentaux du continent africain a fait la nique à ses concurrents au nom plus ronflant… Bilan, il est le seul toujours en poste. Et pourrait bien le rester.

Car la fédération ghanéenne de football fait des pieds et des mains pour conserver le technicien serbe, sous contrat jusqu’en août 2010. Ca tombe bien, l’intéressé est prêt à poursuivre l’aventure. « Je suis toujours son contrat avec la fédération ghanéenne de football, a-t-il expliqué sur le site de la fédé. Même si j’ai reçu d’autres offres, je veux continuer mon travail ici. Je suis heureux au Ghana. Je n’ai jamais parlé d’argent. Et personne ne l’a fait. Ni la fédération ni moi n’avons évoqué un problème d’argent. »

Objectif 2014

D’ailleurs, Rajevac pense déjà à l’avenir. Qu’il voit rose. « Il y a beaucoup de bons jeunes joueurs, donc on a déjà un socle pour 2014, poursuit-il. Et même si la façon avec laquelle nous avons perdu a été douloureuse, au bout du compte, c’est une formidable expérience pour les joueurs, et ils ont suffisamment de potentiel pour réussir de grandes choses. » Champion du monde des moins de 20 ans en 2009, finaliste de la CAN 2010, quart de finaliste de la Coupe du monde 2010, le Ghana a de quoi voir venir. Et peut remercier celui qui a débarqué à Accra en quasi-inconnu.

Les Black Stars le savent. A l’image de Sulley Muntari, le caractériel milieu de terrain, qui a demandé à son coach de rester. « La décision ne m’appartient pas mais je préfèrerais qu’il reste parce qu’il nous connaît très bien. Nous le connaissons aussi : nous savons ce qu’il aime et n’aime pas, a affirmé l’Interiste à Joy FM. Nous sommes une véritable famille alors si on ne prolongeait pas son contrat, ce serait une erreur. Le nouveau sélectionneur ne nous connaîtra pas aussi bien. »

Le soutien des joueurs

A priori, si la volonté est là de part et d’autre, Rajevac peut dormir sur ses deux oreilles : il devrait poursuivre son périple africain. Car la GFA ne vire pas de bord au premier coup de vent, comme trop de ses homologues africaines. Si le Nigeria a licencié Shaibu Amodu, qui avait pourtant qualifié les Super Eagles pour la Coupe du monde et terminé troisième de la CAN, pour aller chercher un Européen au pedigree plus prestigieux, la GFA et son président Kwesi Nyantakyi ont défendu contre les critiques le choix d’un illustre inconnu, le Serbe Milovan Rajevac, ancien adjoint de Bora Milutinovic, pour succéder à Claude Le Roy en 2008. Et elle l’a laissé travailler. Mieux, elle l’a soutenu quand il a exclu pour raisons disciplinaires la star Sulley Muntari de la CAN 2010.

Tous les observateurs du football africain salivent déjà en pensant à ce que cette belle équipe du Ghana pourrait réaliser si elle n’était pas minée par les blessures. Le retour de Michael Essien pourrait faire du bien aux jeunes Andre Ayew, Asamoah Gyan, Kevin Prince Boateng et autres Samuel Inkoom. Malgré tout Rajevac a réussi à bâtir un groupe solide, difficile à manœuvrer et à l’aise dans l’animation offensive. Au passage, le technicien avait été loué pour sa stratégie et ses choix de composition. Ce n’est donc pas une surprise si le Ghana s’est révélé être l’équipe la plus intelligente tactiquement et la plus prometteuse du continent.