Jacques Songo’o, gardien de l’ombre

Actuellement entraineur-adjoint au sein de la sélection camerounaise en charge des gardiens, l’ancien dernier rempart de Metz, Jacques Songo’o, a remplacé il y a un an Thomas Nkono dit “l’araignée noire”. Tout comme son prédécesseur, Songo’o n’est pas inconnu des Camerounais. Gardien de but des Lions Indomptables dans les années 90, il traîne l’image d’un homme talentueux mais malchanceux.


Quant on parle de Jacques Songo’o, on pense à ses dégagements au poing sensationnels qui l’ont rendus célèbres. Mais on se souvient aussi de sa Coupe du monde ratée en 1994 (Etats-Unis), où il avait encaissé six buts du Russe Oleg Salenko, après avoir remplacé son coéquipier Joseph-Antoine Bell. Pourtant, les spécialistes s’accordent à dire que le Camerounais était un gardien exceptionnel, doté d’une détente incroyable, qui n’a malheureusement pas su exploiter son talent convenablement. Souvent cantonné au banc des remplaçants, il a du faire face à une concurrence assez rude.

En sélection d’abord, où il a été la doublure pendant plusieurs années de Thomas N’Kono et Joseph-Antoine Bell, ce qui le priva de nombreux matchs. Le Cameroun disposait d'une génération exceptionnelle de gardien. Ce n’est qu’en 1998, lors de la Coupe du monde en France, qu’il devient titulaire dans les caisses des Indomptables. Malheureusement pour lui, son passage ne sera pas remarqué. Son équipe, malgré une belle brochette de stars (Rigobert Song ou Patrick M’Boma…) connaît à ce moment-là une baisse de régime. Le Cameroun sera éliminé dès le premier tour.

De sa titularisation chez les Lions Indomptables, on retiendra entre autre sa victoire lors de la CAN 2002 au Mali, quelques mois avant leur déroute au Mondial (Corée du Sud et Japon), où les Camerounais vont encore décevoir dans un groupe pourtant à leur portée (Allemagne, Irlande, Arabie Saoudite). Cette déconvenue sonnera le glas d’une belle carrière internationale pour le portier, qui aura été sélectionné à 84 reprises pendant quinze années.

Toujours plus loin

Ce n’est qu’à 20 ans, que Jacques Songo’o débute sa carrière de footballeur. D’abord au Cameroun au Canon Yaoundé, il rejoint par la suite le SC Toulon (France), en 1989. Le club est au top de sa forme et figure parmi l’élite jusqu’en 1993. Il y restera trois saisons avant d’être prêté au Mans (1992-1993). Finalement il retrouvera l’année d’après la Première Division, avec Metz où il signa pour trois saisons. Le temps de remporter la Coupe de la Ligue en 1996. La même année, le portier rejoint la Liga et s’engage pour cinq saisons au Deportivo La Corogne. Il se place alors comme le gardien incontesté de l’équipe. Une belle revanche pour celui qui jusqu’à présent avait du mal à s’imposer en sélection. Il remporta d’ailleurs avec le club galicien le titre de champion d’Espagne. Après avoir honoré son contrat, Jacques Songo’o décide de revenir en France pour terminer sa carrière. Il signe une fois de plus au FC Metz et en profite pour partager son expérience avec les plus jeunes. Finalement, à 40 ans, il mettra un terme à sa carrière déjà longue de 20 ans.

Loin de renoncer à sa passion, Jacques Songo’o devient, en 2006, entraîneur des gardiens de l’équipe nationale. Il avait choisi Souleymanou Hamidou comme gardien titulaire pour la CAN. Eliminé en quart de finale après avoir encaissé 11 penalties, Songo’o avait été l’objet de nombreuses critiques qui avaient influencées son limogeage. Une situation qui ne l’a cependant pas freiné dans son désir d’entraîner. En 2010 lors de la Coupe d’Afrique des Nations en Angola, il n’avait pas hésité à donner son avis sur les gardiens de buts. “Il faudrait que la CAF se penche sérieusement sur ce problème. Nous n'avons pas la culture de l'entraînement pour les gardiens de but”, a estimé l'ancien portier international camerounais. Une intervention plutôt réussie, puisque quelques mois après une CAN ratée, il remplace Thomas N’Kono au poste d’entraineur des gardiens des Lions Indomptables et devient ainsi l’adjoint de Paul Le Guen.

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Solange Droual