Le tribunal de première instance de Porto-Novo, ville dans laquelle se trouve le siège de la Fédération béninoise de football, a rendu une décision qui reconnaît l’élection de Victorien Attolou à la tête de la FBF et intime l’ordre à l’actuel président de passer service dans les meilleurs délais. Saisie, la FIFA brandit l’argument d’ingérence.


(de notre correspondant)

C’est encore un nouvel épisode du feuilleton « Crise à la Fédération béninoise de football ». Le tribunal de première instance de Porto-Novo reconnaît l’assemblée générale élective du 4 février 2011 non validée par la FIFA et la CAF et au cours de laquelle Victorien Attolou a été élu président du foot béninois. Dans sa décision, le tribunal ordonne à Moucharafou Anjorin, l’actuel président de la fédération de foot d’aller à la passation de charges dans un bref délai. Aussitôt, Anjorin fait appel de la décision.

Quelques jours plus tard, la FIFA évoque dans une correspondance adressée au président qu’elle reconnaît, Moucharafou Anjorin, une ingérence. L’instance faîtière n’hésite pas à parler de violation des articles 13 et 17 des statuts de la FIFA qui stipulent que « les associations membres doivent diriger leurs affaires en toute indépendance et sans ingérence externe« .

C’est pour cela que le signataire du courrier, Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA, souligne : « La FBF a connu une année 2011 difficile et il serait dommage de subir un nouveau contrecoup. » La mémoire de la FIFA a fait remarquer que « le recours à la justice ordinaire par les associations membres de la FIFA et leurs subordonnés est proscrit par les statuts de la FIFA qui prévoient par contre la possibilité de recourir au Tribunal arbitral du sport« .

Or, devant le TAS, le camp Attolou a perdu le procès. Autrement dit, Victorien Attolou n’a plus de voie de recours dans le milieu judicaire spécialisé pour le sport. Si le tribunal de première instance de Porto-Novo oblige donc Moucharafou Anjorin a déguerpir pour installer de force Victorien Attolou, la FIFA n’hésiterait pas à frapper fort : suspendre le Bénin de toutes ses activités et compétitions.