Désignée nouveau pays hôte de la CAN 2015, la Guinée Equatoriale se dit prête à faire honneur à la compétition phare de la CAF. Dans les quatre villes retenues pour abriter la compétition, l’organisation avance pour que le rendez-vous soit une réussite.


« Tout le monde constate la solidarité agissante, avec le gouvernement, de la population pour mieux accueillir la plus prestigieuse compétition africaine. » Ces paroles de Manuel Morgades, l’adjoint au maire de la ville de Malabo entendent rassurer les plus sceptiques sur les « capacités acquises par le pays en matière d’organisation des manifestations et événements de tout genre. »

Propulsée hôte de la CAN 2015 après la destitution et la disqualification du Maroc, la Guinée Equatoriale, qui suscite bon nombre d’interrogations sur sa capacité à abriter seule une telle compétition, compte bien relever le défi et possède tous les arguments, d’après le responsable de la ville. Pour cela, le pays va s’appuyer sur son expérience de la CAN 2012, conjointement organisée avec le Gabon.

Les stades de Mongomo et Ebebiyin « flambant neufs« 

« En plus du savoir faire que nous avons acquis dans l’accueil et l’organisation, nous disposons des infrastructures requises pour ce genre de circonstances notamment en ce qui concerne le réceptif hôtelier que ce soit à Malabo, Bata, Mongomo ou à Ebebiyin« , précise le dirigeant à l’APS. Même son de cloche pour ce qui est des enceintes sportives, alors que les stades de Mongomo et Ebebiyin, totalement méconnus, sont au centre des débats.

Mais là encore, aucun problème pour l’adjoint au maire de la capitale. « Il s’agit de deux stades flambant neufs, construits selon les normes internationales. Ces deux infrastructures sportives sont, à l’instar des Equato-guinéens, prêtes à accueillir la jeunesse africaine« , clame Manuel Morgades. Une opération de communication à grande échelle loin d’être anodine alors que l’opposition au pouvoir équato-guinéen conteste toujours la décision du président Téodoro Obiang Nguema de voler au secours de la CAF pour sauver une compétition aux énormes enjeux financiers, au détriment de la santé publique.

L’opposition s’interroge, Hayatou s’attend à des loupés

Le principal parti d’opposition (CPDS) accuse notamment les autorités locales de ne pas mettre en place des dispositifs sanitaires nécessaires afin de dépister les potentiels cas de virus Ebola. « On parle de 40 millions de dollars de dépenses pour cette CAN, nous n’avons pas d’hôpitaux, la population vit mal, pas de laboratoire pour faire des analyses afin de savoir qu’il s’agit d’Ebola« , s’étonne Andres Esono Ondo, le secrétaire général du parti à la BBC. Une réserve qui intervient au moment où Issa Hayatou, le président de la CAF a confessé sans détour : « Ce serait mentir que de dire qu’il n’y aura pas de problème« , pour une CAN qui ne sera à coup sûr pas comme les autres.

Mais face aux voix dissidentes, le comité de vigilance et de contrôle du virus Ebola a appelé au calme, demandant à la population locale, par son président Lucas Nguema Esono Mbang, « d’être tranquille, le malentendu vient de certains acteurs sociaux et politiques qui convertissent le bien en mal et le mal en catastrophe. Ebola est mauvais, mais nous devons réunir nos efforts pour le succès de la CAN. » Le dirigeant de poursuivre en indiquant à la BBC que « deux millions de dollars ont été dégagés pour l’acquisition de matériel sanitaire » et que « deux zones de quarantaine et isolement avec chambres spécialement équipées ont été mises en place dans les villes de Malabo et à Bata. » Mais quid des deux autres villes ?