Vahid Halilhodzic

Séduisant et auteur d’un sans-faute dans les éliminatoires de la Coupe du monde 2022, le Maroc abordait la CAN 2021 avec l’étiquette de sérieux outsider. Mais l’aventure s’est encore une fois arrêtée prématurément pour les Lions de l’Atlas, renversés par l’Egypte d’un grand Mohamed Salah en quarts de finale de la compétition dimanche à Yaoundé (1-2, a.p.). Cette sortie de route précoce peut-elle entraîner le départ du sélectionneur Vahid Halilhodzic ?

Théoriquement, oui. En effet, lorsque le technicien a signé son contrat, qui court jusqu’en 2023, celui-ci comprenait les objectifs suivants : participation aux demi-finales de la CAN 2021, qualification pour la Coupe du monde 2022 et sacre à la CAN 2023. «La non-validation d’une de ces étapes entraînera automatiquement la résiliation du contrat», assurait alors le président de la Fédération marocaine (FRMF), Fouzi Lekjaa.

Pour ne rien arranger à son cas, l’ex-entraîneur du PSG a déçu dans son coaching face aux Pharaons. D’abord dans ses choix de départ, puisque l’attaquant Munir El-Haddadi, titulaire pour la première fois dans cette CAN, a été loin de donner raison à son coach, couvrant même Salah sur le premier but adverse… Dans le jeu, le Maroc a également été méconnaissable et a perdu le fil après avoir ouvert le score dès la 7e minute sur penalty et renoncé à son jeu de possession (reste à savoir s’il s’agissait d’une consigne). Le remplacement de Sofiane Boufal, danger numéro un du Maroc depuis le début de cette CAN avec Achraf Hakimi, dès la 66e minute reste également inexplicable.

Les barrages approchent…

Durant la prolongation, sans l’Angevin, les Lions de l’Atlas ont ensuite dégagé une impression d’impuissance offensive assez consternante. Inévitablement, les choix forts du Franco-Bosnien de se passer de grands noms comme Hakim Ziyech et Noussair Mazraoui, vont maintenant lui revenir en plein dans la figure… Son comportement après le match, avec un accrochage verbal avec son homologue égyptien Carlos Queiroz et son boycott de la conférence de presse, ne plaide pas non plus en sa faveur.

Cela étant dit, un limogeage d’Halilhodzic à moins de deux mois des barrages de la Coupe du monde 2022 face à la RD Congo fin mars paraît peu probable et plongerait la sélection marocaine dans une situation d'incertitude, alors que le technicien, au cours des derniers mois, semblait justement avoir trouvé des certitudes, certes fragilisées par l’échec camerounais. Déjà limogé pour moins que ça durant sa riche carrière, «Coach Vahid» sera fixé sur son sort dans les prochains jours…