L’image a fait le tour des réseaux sociaux en quelques heures. Un arrêt sur image montrant Mohamed Salah avec un léger sourire lors de la séance de tirs au but perdue par l’Égypte face au Nigeria (0-0, 2-4 tab) à l’occasion du match pour la 3e place de la CAN 2025 a suffi à déclencher une tempête médiatique au Caire.
Dans un pays où le football est une affaire sérieuse, ce détail a été interprété par certains comme un manque d’implication, voire un défaut de patriotisme, au moment même où les Pharaons vivaient l’un des épisodes les plus douloureux de leur CAN 2025.
Mohamed Salah has come under heavy criticism following Egypt’s penalty shootout defeat to Nigeria.
— Micky Jnr (@MickyJnr__) January 18, 2026
A photo circulating online appears to show Salah smiling during the shootout, a moment that has since gone viral and sparked outrage among some Egyptian legends and fans, who have… pic.twitter.com/CM3kdphg3H
Le contexte est pourtant lourd. Salah a manqué sa tentative lors de la séance, tout comme Omar Marmoush, tous deux mis en échec par Stanley Nwabali, et la défaite a été immédiate. Selon plusieurs commentaires virulents, l’attaquant de Liverpool aurait affiché ce sourire au moment même où son coéquipier échouait à son tour, renforçant l’idée d’une attitude jugée déplacée. Une lecture rapide, émotionnelle, nourrie par la frustration d’une élimination cruelle.
Salah qui rit en pleine défaite ? Une réalité plus nuancée
Mais réduire l’engagement de Salah à une seule photo pose question. Une fraction de seconde figée ne raconte jamais toute l’histoire. Ce “sourire” peut tout aussi bien être un rictus nerveux, une réaction liée au stress extrême d’une séance de tirs au but, situation où les émotions se bousculent et s’expriment parfois de manière incontrôlée. Beaucoup d’anciens joueurs l’ont rappelé : sous pression, le corps trahit parfois l’esprit.
D’autant plus que sur le plan sportif, l’attaquant égyptien n’a pas traversé la compétition en fantôme. Avec quatre buts et une passe décisive, il a été impliqué directement sur cinq réalisations égyptiennes durant le tournoi. Des chiffres qui témoignent d’un rendement réel et d’un poids offensif constant, loin de l’image d’un joueur détaché, même s’il n’a pas suffisamment pesé contre le Sénégal en demi-finales.
Wael Gomaa et le procès des “expatriés”
Après l’élimination, l’ancien international et défenseur légendaire des Pharaons Wael Gomaa a jeté de l’huile sur le feu avec des déclarations très dures, visant implicitement Salah et Marmoush. En valorisant une Égypte victorieuse par le passé avec une majorité de joueurs locaux, il a remis en cause l’attitude et le sacrifice de certains expatriés. Un discours qui a trouvé un écho auprès d’une partie du public, mais qui ressemble aussi à un règlement de comptes générationnel.
#TotalEnergiesAFCON25 Après la défaite des Pharaons face au Nigéria, l’ancien international égyptien, Wael Gomaa sort la sulfateuse. Mohamed Salah et Omar Marmoush prennent une raclée.
— Tanou Diallo (@TanouDiallo18) January 17, 2026
“Nous avons remporté 3 titres africains avec des joueurs locaux, et aujourd’hui nous avons… pic.twitter.com/HrXMhH98Ma
Le bouc émissaire d’une déception nationale
Au fond, Mohamed Salah paie surtout le poids de son statut. Icône mondiale, leader naturel des Pharaons, il concentre sur lui toutes les attentes… et toutes les colères. Dans un moment de frustration collective, le symbole devient la cible idéale. Remettre en cause son amour du maillot égyptien à partir d’un sourire furtif paraît sévère, voire injuste, au regard de ses années de service et de son engagement répété… et de son rendement au cours du tournoi.

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