Sénégal : Mané recadré par son président !

Quelques semaines après sa pique contre son sélectionneur, Sadio Mané, a été repris de volée par le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF).

Le 6 juin dernier en zone mixte, après le résultat nul au stade Me Abdoulaye Wade de Diamniadio contre la RDC (1-1) dans le cadre de la troisième journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, Sadio Mané avait osé une critique sur les choix tactiques du sélectionneur Aliou Cissé.

“A mon avis, je pense qu'on doit revoir notre système. On a essayé de jouer avec plus de combinaisons mais dans l'ensemble je dirais que cela n'a pas marché comme il faut. Donc pour être redoutable je pense qu'on doit, comme je l'ai dit, revoir le système”, avait-il réagi à chaud, alors qu’il était forfait pour cause de blessure.

“Je dois lui dire qu’il s’est trompé, s’il se trompe”

Augustin Senghor, le président de la FSF, n’a pas du tout goûté à cette sortie. De passage sur les ondes de la radio locale Sud FM, le dirigeant a estimé que la star a raté une occasion de se taire. “Ce n’est pas dans un micro que je vais donner toute notre position sur cette déclaration de Sadio Mané. Si je commente vraiment cette déclaration, je le rejoindrai sur son erreur. Toutefois, en tant que président de la Fédération, je pense qu’il ne devait pas prendre la parole à ce moment-là. Ce serait une grossière erreur de ma part si je ne le dis pas. C’est mon devoir d’être franc. J’admire et je respecte beaucoup Sadio Mané, et c’est justement pour cette raison que je dois lui dire qu’il s’est trompé, s’il se trompe”, a-t-il blâmé dans des propos relayés par wiwsport.

“Il a dévié, le Sadio Mané qu’on connaît ne doit pas changer”

À ses yeux, non seulement l’ailier d’Al-Nassr n’a pas les formes en passant par médias interposés, mais le timing d’une telle prise de parole n’était pas idéal non plus. “Aujourd’hui, on doit protéger nos légendes et nos stars. (…) La vérité est que personne ne peut parler de Sadio Mané sans parler d’Aliou Cissé. Et vice-versa. Mais s’il y a des choses à se dire entre les deux, ce n’était pas en zone mixte. La forme et le timing de cette déclaration de Sadio Mané n’étaient pas bons (…) Ce n’est pas négociable de s’exprimer en ce moment-là, d’autant plus que la question ne lui a même pas été posée. Pour vous dire, on m’a envoyé la vidéo à 2h du matin. Quand je l’ai visionnée, j’étais très étonné. Il a dévié les questions des journalistes. Le Sadio Mané qu’on connaît ne doit pas changer. Je ne dis pas qu’il ne doit pas s’exprimer, mais sa prise de parole doit être rare, claire et dans le bon timing”, a poursuivi un Senghor plus véhément.

Aucun froid entre Mané et Cissé, rassure Senghor

Enfin, le vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) a indexé des déclarations à connotation individualiste au détriment du collectif, tout en rassurant sur la relation entre Mané et Cissé. “Je n’ai jamais été un footballeur de haut niveau, mais le simple fait de les fréquenter m’a permis de beaucoup apprendre de ces joueurs. Lors du match contre la RD Congo, je suis parti au stade avec Sadio Mané. Il était présent dans les vestiaires pendant le débriefing d’avant et après match. Aliou Cissé connait ses règles, tout comme les joueurs connaissent les leurs. Si un footballeur commence à dire son entraîneur comment jouer au Sénégal, on perdrait de notre essence. Tout ce que fait un footballeur se repose sur un collectif. Et un collectif, ce n’est pas une seule personne, c’est un groupe. Peu importe la grandeur de tes talents, il y a un ensemble autour de toi. Quand j’ai parlé à Aliou Cissé de cette déclaration de Sadio Mané, j’ai tout de suite su qu’on n’allait pas revenir avec une contre-performance face à la Mauritanie. Il m’a directement rassuré sur Sadio Mané, pour l’admiration qu’il a pour lui. On rappelle que Sadio Mané n’avait pas participé à ce match, mais il y avait d’autres joueurs qui étaient sur le terrain, et eux aussi se soucient de ce genre de déclaration.”

Sénégal : Mané recadré par son président !
Prudence Ahanogbe

Couteau suisse de la rédaction footballistique, je perce mon trou grâce au dépassement de soi. Sur mon versant gauche, un don indescriptible pour l’écriture, un peu comme Messi, et sur le versant droit, beaucoup de travail, à la Cristiano Ronaldo.