Un calvaire sur le terrain, mais pas seulement… Invitées de la Sud Ladies Cup, une compétition féminine réservée aux moins de 20 ans qui s’est déroulée ce mois-ci dans le Sud de la France, les joueuses gabonaises ont enchaîné les revers avec 44 buts encaissés en 5 matchs et aucun marqué : 7-0 contre Haïti, 11-0 contre le Japon, 6-0 contre la France, 10-0 contre la Corée du Nord et 10-0 contre le Mexique. Mais le pire a eu lieu en coulisses.

Certaines des joueuses présentes ont en effet livré des témoignages édifiants auprès du journaliste gabonais Freddhy Koula, notamment concernant leurs conditions d’hébergement à Marseille durant la compétition. «On était en prison. (…) Nous sommes revenues comme nous sommes parties. Même pas un slip acheté. Nos téléphones et passeports étaient confisqués, on n’avait pas le droit de parler à nos parents, ni recevoir de la visite. On nous insultait, nous traitait de tous les noms… Seul le coach Cédric (Mapangou) était avec nous et nous encourageait malgré les défaites», a indiqué l’une des joueuses.

Une enquête ouverte

Pire encore, plusieurs filles de l’effectif se plaignent d’avoir été abusées sexuellement. «Certains dirigeants ont couché avec des filles… Et d’autres se sont faites tripoter. La présidente (Leocadie Tsame) disait qu’elle pouvait modifier le classement (composition, ndlr) du coach et mettre qui elle veut», a dénoncé une joueuse. Le tout sans parler des conditions d’hébergement durant leur passage à Libreville (photos ci-dessous) ni du comportement des dirigeants qui ont laissé certaines joueuses quasiment livrées à elles-mêmes à leur retour au pays en leur donnant seulement quelques dizaines d’euros pour la nourriture et les frais de transport…

D’où l’appel au secours lancé par certaines d’entre elles. « On subit déjà des menaces parce qu’on déplore nos conditions de vie et le traitement qui nous est réservé… Mais on sait qu’on n’a rien fait de mal. Nous étions mal préparées, nous avons joué contre plus fortes que nous. On a donné tout ce qu’on avait pour faire honneur à notre pays. Certaines ont joué avec des douleurs, d’autres étaient prêtes à mourir sur le terrain malgré le fait qu’on n’avait pas les moyens de lutter techniquement… On ne mérite pas ce mépris, et ce rejet. Nous voulons juste rentrer chez nous, et continuer à jouer au football, dans de meilleures conditions..

Face à la gravité des accusations, le ministre des Sports gabonais, Alain Claude Bilie By Nze, a annoncé ce vendredi qu’il va saisir le Procureur de la République afin d’ouvrir une enquête. En espérant que justice soit rendue…

Le communiqué du ministère