Dans sa biographie publiée jeudi, l’ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, explique avoir rempli des missions diplomatiques au service de son pays, la Suisse. Il y a un an, le dirigeant a d’ailleurs été envoyé dans un Burundi en pleine crise pour tenter de convaincre le président Pierre Nkurunziza, grand amateur de football, de renoncer à briguer un nouveau mandat.


Dans la tourmente depuis un an et l’éclatement du Fifagate, l’ancien président de l’instance dirigeante du ballon rond, Sepp Blatter, continue d’animer l’actualité même s’il est sous le coup d’une suspension de toutes activités liées au football pour six ans encore. Jeudi, le Suisse a présenté sa biographie, « Mission & Passion football ». Un ouvrage qui va encore faire jaser puisque l’ancien dirigeant reconnaît avoir effectué des missions diplomatiques au service de son pays ou encore des Etats-Unis.

En mai dernier, juste avant le fameux congrès de la FIFA, la Suisse aurait ainsi sollicité son citoyen pour jouer les médiateurs dans la crise au Burundi en lui demandant de persuader le président Pierre Nkurunziza, grand fan de football, de renoncer à son mandat, notamment en lui faisant miroiter un poste d’ambassadeur du ballon rond. « Le président Nkurunziza a dit ‘je suis très touché, je vous donnerai une réponse’. J’ai insisté auprès de lui, finalement il a réfléchi et au bout d’un moment, il a répondu ‘Non je vais quand même me représenter’ », raconte Blatter.

« Pas la première fois« 

Les autorités suisses n’ont pas démenti ces révélations, mais elles ont tenté de calmer le jeu en précisant qu’elles n’ont pas demandé au président burundais de renoncer à briguer un nouveau mandat, mais seulement d’ouvrir le dialogue avec l’opposition. Côté burundais aussi, les confidences de Blatter n’ont pas tardé à faire réagir. « Ils ont essayé tout ce qu’ils pouvaient pour piétiner nos principes démocratiques fondamentaux au Burundi. Nous les avons battus« , s’est targué sur Twitter le responsable de la communication du président Nkurunziza, Willy Nyamittwe.

« Ce n’est pas la première fois que l’on fait quelque chose avec le ministère des Affaires étrangères de Suisse. J’ai toujours invité ou informé l’ambassadeur ou le consul général suisse de mes visites. Parfois, il pouvait même assister à un entretien avec le chef d’Etat qu’il n’aurait jamais eu tout seul, car le football ouvre des portes« , a ajouté Blatter, en précisant qu’il a effectué d’autres missions diplomatiques, notamment dans le conflit israélo-palestinien. Avec le Suisse, on est décidément jamais à court de révélations…