Pré-sélectionné pour la Coupe des Confédérations avec le Cameroun, Petrus Boumal (24 ans) ne fait pas partie de la liste finale des 23 Lions Indomptables dévoilée dimanche par le sélectionneur Hugo Broos. Pour Afrik-Foot, le milieu de terrain du CSKA Sofia a fait part de sa fierté après cette première convocation mais aussi de sa déception d’être placé parmi les réservistes.


Petrus, quel sentiment domine aujourd’hui : la fierté d’avoir été pré-sélectionné pour la Coupe des Confédérations avec le Cameroun ou la déception de ne pas figurer parmi les 23 ?

Si je parle en tant que patriote, en tant que Camerounais, je dirais que je suis fier. Je fais partie des 30 meilleurs entre guillemets, parmi tous ces joueurs camerounais dans le monde entier, donc c’est un privilège. Maintenant, si je parle en tant que compétiteur et sportif qui a de l’ambition, je dirais que je suis un peu déçu parce que je pense que j’ai des choses à montrer, de la motivation, et que je peux apporter quelque chose à l’équipe. Donc c’est un double sentiment.

Mais je reste en alerte comme je fais partie de la liste des réservistes. Je ne souhaite pas du tout de blessure à un joueur mais si jamais le coach fait appel à moi, je vais répondre présent et donner le meilleur de moi-même pour aider l’équipe.

Cette présélection avec les Lions Indomptables, c’est quelque chose que tu avais senti venir ?

Franchement, je ne m’y attendais pas. En tant que Camerounais, avec l’envie que j’ai toujours eu de vouloir représenter mon pays, c’est sûr que je regardais toutes les listes. Mais je n’étais pas non plus dans un état de paranoïa, je me disais que j’avais fait une très bonne saison, et que le coach l’a peut-être remarqué. Mais je n’avais pas de nouvelles.

« J’ai cru à une blague
« 

Finalement, comment as-tu appris ta présence parmi les 30 pré-sélectionnés ?

Par un de mes cousins qui est au Cameroun, qui m’a envoyé la liste. Au début, je lui ai dit, « si c’est une blague, elle n’est pas marrante » ! Après, il m’a confirmé et je suis allé voir sur le site.

Par la suite, est-ce que le sélectionneur Hugo Broos t’a contacté ?

Pour le moment, je n’ai aucun contact avec la Fédération, ni avec le staff technique. Je pense que je n’ai pas forcément besoin qu’on m’appelle pour m’expliquer certaines décisions. J’aurais aimé que l’adjoint du coach, le team manager, ou que quelqu’un du staff m’appelle pour me donner quelques nouvelles ou que je pose 2-3 questions. Mais bon, je ne suis pas encore à ce niveau où je vais commencer à demander des explications parce que je ne suis encore qu’au début.

Donc l’objectif à long terme c’est de participer à la CAN 2019 au pays ?

Clairement. Aujourd’hui, en tant que Camerounais et footballeur professionnel avec la CAN qui se rapproche, forcément, c’est le rêve de tout le monde de jouer au pays, devant la famille, les supporters. C’est un réel objectif.
Bon, l’objectif de la Coupe des Confédérations reste là, je n’abandonne pas. J’avance étape par étape. Si je n’y suis pas tant pis, je vais attendre l’objectif de la Coupe du monde. J’espère que je serai sélectionné et participer à la campagne pour me battre pour mon pays et le qualifier au Mondial, et ensuite on verra pour la CAN.

« La Bulgarie, au départ, c’était par défaut« 

Pour atteindre ces objectifs, penses-tu qu’il va falloir quitter la Bulgarie pour rejoindre un championnat peut-être un peu plus médiatisé ?

Aujourd’hui, je ne pense pas. Oui, je ne joue pas dans l’un des 5 grands championnats d’Europe, mais je pense qu’il n’est pas à négliger parce que si on regarde la liste des 23, il y a pas mal de joueurs qui évoluent dans des championnats inférieurs à la Bulgarie, sans leur manquer de respect, mais ils sont là, c’est juste une question de qualité et de détermination.

En toute humilité, je sais que j’ai des qualités qui peuvent servir la sélection. Que je sois ici ou ailleurs, je sais qu’on m’appellera parce que j’ai la foi. A moi de faire le boulot sur le terrain. Après c’est vrai que c’est la fin de la saison, j’aspire plutôt à aller voir ailleurs. Ce n’est pas quelque chose qui est réglé mais on va voir dans les semaines à venir.

Après ta formation à Sochaux, tu as opté pour une destination peu commune, la Bulgarie, d’abord au Litex Lovetch puis au CSKA Sofia. Avec le recul, tu penses que ce parcours quelque peu cabossé t’a servi ?

Je suis devenu un homme. Je relativise davantage maintenant, parce que je vois bien que dans le foot, il ne faut vraiment pas se projeter sur le long terme, il faut vivre l’instant présent et surtout ne pas s’asseoir sur le passé, il faut vite l’oublier, penser au match du lendemain. La Bulgarie, au départ c’était un choix par défaut, mais aujourd’hui grâce à elle, j’ai été pré-sélectionné parmi les 30, aussi parce que j’ai fait ce qu’il fallait sur le terrain.

J’ai pris conscience des erreurs que j’ai pu commettre par le passé. Donc ce parcours me sert tant dans la vie professionnelle que personnelle, ça m’a donné ce caractère et cette détermination que j’ai. Quand je veux atteindre un objectif, rien ne peut me faire douter et seul Dieu maintenant sait ce qu’il va m’arriver dans les jours à venir, en tout cas je mets toutes les chances de mon côté.