Les Champions d’Afrique en titre ont donné une leçon de football au Cameroun, dominé 4-2 ce mardi. Les Pharaons d’Egypte, éblouissants de technique et de contrôle, se replacent parmi les favoris de la Coupe d’Afrique des Nations.


Le Cameroun n’a pas compris ce qui lui est arrivé, ce mardi, à l’issue de la première mi-temps du match qui l’opposait à l’Egypte. Les Champions d’Afrique en titre sont entrés dans la Coupe d’Afrique des Nations presque aussi vite que le Maroc, la veille, contre la Namibie, en se montrant dangereux dès la 2e minute de jeu par son attaquant Mohamed Zidan (Hambourg, Allemagne). Mais c’est sur penalty que les Pharaons ouvrent le score à la 17e minute, par Rabo Hosni (Ismaïlia, Le Caire), après que l’arbitre ait sifflé une main de Bikey (Reading, Angleterre) qui paraissait bien involontaire.

Zidan affole la défense camerounaise

Trois minutes plus tard, ils se chargent de montrer à leur adversaire que leur avantage au score est mérité. Parti en contre, Mohamed Zidan accélère dans l’axe déserté par les Camerounais, combine avec Moteab (Al-Ahly Le Caire) et bat Idriss Kameni (Espanyol Barcelone) d’un plat du pied droit. L’attaquant de Hambourg, qui avait vendangé une occasion dans des conditions similaires au début du match, se rattrape !

A 2-0, les Egyptiens attendent les Camerounais pour les prendre en contre, mais alors qu’on pourrait s’attendre à une réaction de ces derniers, ce sont les Pharaons qui montrent la plus grande maîtrise technique, comme depuis le début de la partie. Les quintuples Champions d’Afrique passent parfaitement d’une ligne à l’autre, par des passes courtes et des changements d’ailes, avant de se présenter devant la surface de réparation adverse dans de bonnes conditions.

A l’inverse, leur adversaire se contente de balancer de longs ballons ou d’envoyer depuis les ailes des centres qui ne trouvent que très rarement preneurs. Samuel Eto’o demande d’ailleurs à ses coéquipiers de se rapprocher de leur ligne d’attaquants s’ils veulent changer la physionomie du match. A la 39e minute, le défenseur Binya remplace le milieu lillois Jean II Makoun, et c’est au moment où les Camerounais se montrent les plus entreprenants que l’Egypte donne le coup de grâce à son adversaire. A la 46e minute, le « petit » Zidan (1,78 m et 68 Kg) amorti du torse une balle mal renvoyée devant la surface camerounaise par un défenseur. Au milieu de trois adversaires, il place le ballon sur son pied gauche et envoie une frappe splendide se loger en plein dans la lucarne gauche de Kameni.

Deuxième but de Zidan (3-0)


egypte cameroun
envoyé par rom78psg

Réaction insuffisante

A la reprise, le sélectionneur allemand du Cameroun, Otto Pfister, remplace M’Bia par Alexandre Song et N’Guemo par Achille Emana. Dès les premiers échanges, les Camerounais, plus présents au milieu de terrain, montrent davantage de détermination et c’est logiquement qu’ils voient leurs efforts récompensés. A la 50e minute, Samuel Eto’o reprend de la tête un centre en profondeur de Geremi et trompe Al Hadary. On croit que les lions Indomptables ont fait le plus dure en revenant si vite au score, mais seul Eto’o, une nouvelle fois, parvient à prendre la défense égyptienne de revers, à la 64e. Il crochète Fathi (Al-Ahly Le Caire) aux 18 mètres mais voit sa frappe frôler le poteau droit du gardien égyptien.

Physiquement atteints après une première mi-temps de rêve, les Pharaons laissent passer l’orage avant de commencer à ressortir la balle proprement. A la 80e minute, Hosni clôt les débats en plaçant le ballon d’une frappe sèche, des 20 mètres, sans la moindre opposition, dans les petits filets de Kameni. Le penalty réussi par Eto’o à la 90e minute sur une faute peu évidente n’y change rien.

L’Egypte, qui n’avait pourtant pas pu préparer la CAN dans les meilleurs conditions, et qui est privée de son attaquant vedette, Hossam Ahmed « Mido », a montré plus que n’importe quelle équipe depuis le début de la compétition. Quant au Cameroun, les problèmes extra-sportifs qui minent sa sélection, avec des différents interminables entre Fédération de football et ministère des Sports, n’expliquent sans doute pas tout.