Menée au score pour la première fois dans les éliminatoires de la CAN 2015, l’Algérie, déjà qualifiée, a fait preuve d’une belle réaction d’orgueil contre l’Ethiopie en inscrivant trois buts en quinze minutes pour retourner la situation (3-1), samedi à Blida.


Les matches se suivent et se ressemblent à Blida. Déjà séduisante dans le jeu mais en manque d’efficacité contre le Mali (1-0, 2e journée) puis le Malawi (3-0, 4e, journée), l’Algérie a remis le couvert face à l’Ethiopie (3-1) samedi, lors de la 5e journée des éliminatoires de la CAN 2015. Bien qu’ils aient déjà leur qualification en poche, les Verts ont débuté la rencontre pied au plancher.

Dédoublements, jeu à une touche de balle, technique individuel : le début de rencontre a été plus que prometteur. Avec 70% de possession de balle en faveur des locaux à la demi-heure de jeu, l’Ethiopie était asphyxiée.
Pourtant, malgré une bonne demi-douzaine d’occasions nettes, l’Algérie a peiné à trouver la faille. Rafik Halliche (3e) et Islam Slimani (8e) n’ont pas cadré leur tête, l’extérieur du pied de Sofiane Feghouli est lui aussi passé à côté (17e) tandis que Yacine Brahimi s’est effondré dans la surface sans que l’arbitre ne bronche (16e). Surtout, il y avait toujours une tête ou un pied éthiopien pour détourner les tentatives des Fennecs : Slimani et Feghouli (5e), puis Slimani encore (10e, 25e, 27e) en savent quelque chose !

Okwory sanctionne l’inefficacité algérienne

Les visiteurs eux n’ont pas eu besoin d’autant d’occasions pour faire parler la poudre. Sur leur seul tir de la première période, ils ont ouvert le score. Au terme d’un rush, Okwory a placé une frappe au ras du poteau (1-0, 27e). Titulaire d’un soir, Mohamed Lamine Zemmamouche ne pouvait pas grand-chose sur l’action, même si on peut toujours penser qu’un Raïs M’Bolhi (absent pour raisons personnelles) des grands soirs aurait détourné la frappe.

Ce but surprise a durablement fait perdre un peu d’intensité à la rencontre et aux offensives des Algériens. Mais il les a surtout piqués dans leur orgueil, eux qui n’avaient plus été menés au score depuis le huitième de finale du Mondial contre l’Allemagne, en juin. Lancé par Riyad Mahrez, Feghouli a d’abord égalisé grâce à un missile inscrit de près (32e). Le passeur s’est ensuite mué en buteur sur une remise en retrait altruiste de Slimani, donnant l’avantage aux Fennecs d’une frappe instantanée à l’entrée de la surface (41e).

La dernière de Bougherra ?

Pour clore ce festival, Brahimi, bien trouvé par Faouzi Ghoulam, a alourdi l’addition dans une position qu’il affectionne (45e +2). En quinze minutes, les Verts ont totalement renversé la situation et rendu le tableau d’affichage plus conforme à la physionomie du match.

La seconde période a été plus équilibrée. Bekele (50e) puis Fekadu (66e) ont eu deux grosses occasions mais ont manqué le cadre. En face, les occasions algériennes ont été moins franches. On notera tout de même un raid de Brahimi qui s’est emmêlé les pinceaux (60e, c’est assez rare pour être souligné) ou encore une tête non cadrée de Slimani sur un bon centre de Mandi (70e). L’apport des latéraux a d’ailleurs été très intéressant. Il s’agira de l’une des satisfactions du soir pour Christian Gourcuff, qui a offert sa première cape à Baghdad Bounedjah, entré en jeu, et sans doute sa dernière apparition en terre algérienne à Madjid Bougherra avant sa retraite internationale.

Fort de ses cinq succès consécutifs, l’Algérie tentera le grand chelem contre un Mali pas encore qualifié mercredi. Une dernière répétition avant la CAN.

Les compositions :

Algérie : Zemmamouche – Mandi, Medjani, Halliche (Bougherra, 71e), Ghoulam – Taïder, Lacen – Feghouli, Brahimi, Mahrez (Soudani, 84e), Slimani (Bounedjah, 79e).

Ethiopie : Tassew, Butako, Yelake, Atta, Bargicho, Zeleke, Menghesa, Yassin, Bekele, Hotessa, Okwory.