Le premier 8e de finale de la CAN 2019 oppose ce vendredi le Maroc au Bénin au Al Salam Stadium du Caire (coup d’envoi à 16h GMT, soit 18h en France). Présentation.

– Le contexte

Sur le papier, c’est certainement le plus déséquilibré de ces 8es de finale. D’un côté, le Maroc, qui fait partie des grands favoris pour la victoire finale et qui sort d’un premier tour quasi-parfait (3 victoires, aucun but encaissé). De l’autre, le modeste Bénin, de retour à la CAN après 9 ans d’absence et qualifié pour la première fois de son histoire pour le second tour grâce à sa place parmi les meilleurs 3es. L’une des stars de l’équipe, l’attaquant Steve Mounié, sera en plus suspendu.

– Analyse des forces en présence

Le Maroc a certes fait preuve de maîtrise durant le premier tour mais il a décroché trois victoires étriquées sur le score de 1-0 avec notamment un CSC inespéré à la 89e minute contre la Namibie puis un but providentiel de Boussoufa à la 90e contre l’Afrique du Sud. Malgré leur succès probant contre une pâle Côte d’Ivoire (1-0), les Lions de l’Atlas ne se créent pas tant d’occasions que ça et ils ont en plus tendance à manquer de réalisme, sans parler du cas Hakim Ziyech, encore loin d’avoir l’impact qu’il affiche habituellement en club et en sélection.

De son côté, le Bénin a prouvé face au Ghana (2-2) qu’il était parfaitement capable de jouer les trouble-fêtes avec un jeu de transition rapide, même si l’expulsion sévère de John Boye avait aidé ce jour-là. La suite a été un peu moins convaincante avec le match que les Ecureuils n’ont jamais su tuer contre la Guinée Bissau (0-0), mais les Béninois se sont arrachés pour décrocher le point nécessaire à leur bonheur face au tenant camerounais (0-0). Solides et compacts mais pas toujours très tranchants offensivement, ils restent pour l’heure invaincus dans cette CAN.

– Les scénarios possibles

Il s’agit d’une évidence mais le sélectionneur marocain Hervé Renard a pris soin de souligner que ces joueurs «doivent faire une belle entame de match et ouvrir le score dès les premières minutes de la rencontre». Dans le cas contraire, si les minutes s’égrènent et que les Lions de l’Atlas se cassent les dents en vain sur le bloc béninois, une «équipe chiante» à jouer dixit le milieu de terrain Jordan Adéoti, les Marocains pourraient avoir tendance à s’agacer, ce qui est l’un de leurs défauts, et les Ecureuils pourraient les punir en contre.

– Le détail qui pourrait faire la différence

Seulement 72h après leur dernier match de poule, les Béninois doivent déjà remettre le couvert. «Notre équipe est celle qui a le moins de temps pour récupérer», a fait remarquer le sélectionneur Michel Dussuyer. «On sort tout juste d’un match face au Cameroun pour se plonger dans un huitième de finale face au Maroc». Le possible manque de fraîcheur physique pourrait peser face à des Lions qui ont eu 24h de repos supplémentaire et qui ont pu ménager Bounou, Benatia et Dirar lors de la dernière journée.

– L’arbitre : Hélder Martins de Carvalho (Angola).

– Les précédents à la CAN : Maroc 4-0 Bénin (CAN 2004)

– Et ensuite ? En quart, le vainqueur de ce match affrontera le 10 juillet celui d’Ouganda-Sénégal.

Les compositions de départ :

Maroc : Bounou – Dirar, Da Costa, Saïss, Hakimi – El Ahmadi, Boussoufa – Amrabat, Belhanda, Ziyech – En-Nesyri.

Bénin : Allagbé – Adilehou, Adenon, Verdon, Imorou – Mama, Adeoti – Dossou, Sessègnon, Soukou – Poté.

– Ils ont dit :

Hervé Renard, sélectionneur du Maroc – «Nous devons être responsables et gagner ce match. Dans la phase à élimination directe, le point le plus important est de se préparer mentalement. Nous sommes prêts techniquement et physiquement, mais nous devons être concentrés dès la première minute. Nous avons la volonté de continuer sur notre lancée. Nous croyons en nous-mêmes.»

Steve Mounié, attaquant du Bénin, sur RFI – «L’équipe du Maroc est du même calibre que celles du Ghana et du Cameroun. On a fait des matchs nuls face à ces équipes. Donc, c’est la preuve que tout est possible…»