Quand il est nommé sélectionneur de l’Algérie en août dernier, Djamel Belmadi hérite d’une sélection en proie aux doutes, qui a complètement raté sa dernière CAN et la qualification pour le Mondial 2018 tout en ayant consommé pas moins de 4 coachs en l’espace de deux ans (Milovan Rajevac, Georges Leekens, Lucas Alcaraz et Rabah Madjer). Moins d’un an plus tard, les Fennecs sont de retour au premier plan et en passe de remporter leur première CAN depuis 29 ans en cas de succès en finale ce vendredi contre le Sénégal (coup d’envoi à 19h GMT, soit 21h en France).

L’homme qui a redonné une âme aux Fennecs

La «recette miracle» de l’ancien milieu de l’OM, c’est d’abord d’avoir bâti un groupe uni autour de lui, qui fait figure de grand frère, et qui joue « pour le peuple » comme les joueurs aiment à le répéter. Binational né en France et ayant choisi de jouer pour l’Algérie, le technicien de 43 ans connaît parfaitement la mentalité des joueurs qu’il a su unir derrière un même objectif, binationaux comme locaux.

«Belmadi a redonné une âme à cette équipe, tous les joueurs l’aiment. Il nous donne beaucoup de conseils et on l’écoute tous. Il a gagné le cœur des joueurs c’est ça qui a fait la différence. C’est les joueurs qui font la réussite d’un entraîneur…», déclarait le milieu de terrain Hichem Boudaoui avant le quart de finale contre la Côte d’Ivoire (1-1, 4-3 tab). Pourtant contesté au moment de sa nomination et présenté comme un choix par défaut, l’ancien sélectionneur du Qatar a permis à la sélection de retrouver une identité balle au pied avec une qualité de jeu plus observée depuis des années.

Les paris gagnants de Belmadi

«Entre Gourcuff et Belmadi (soit entre avril 2016 et août 2018) on n’a pratiquement pas travaillé tactiquement, là on travaille énormément tactiquement», constatait récemment Riyad Mahrez que Belmadi a su transformer en capitaine très impliqué. Homme au caractère bien trempé, le natif de Champigny-sur-Marne s’est aussi distingué par sa clairvoyance dans le choix des hommes. Relancer les placardisés comme Feghouli et M’Bolhi, faire confiance à Djamel Benlamri (Al-Shabab) en charnière centrale, confier les clés du camion au jeune Ismaël Bennacer : tout ça paraît évident aujourd’hui mais ce n’était pas gagné il y a quelques mois encore, voire quelques semaines pour certains, à l’image de la sentinelle Guedioura qui rayonne comme jamais alors qu’on le pensait fini pour la sélection.

Et que dire alors du choix peut-être le plus osé de Belmadi : titulariser Youcef Belaïli, à la carrière tourmentée mais auteur d’une CAN exceptionnelle, plutôt que l’une des «stars», Yacine Brahimi, au poste d’ailier gauche ? Autant de réussites qui expliquent que l’Algérie est en mesure de briguer ce vendredi sa deuxième couronne continentale.