CM 2014 : la Côte d’Ivoire sauve l’honneur

A l'issue de la première journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2014, la Côte d'Ivoire est la seule nation africaine a s'être imposée. Les Eléphants sont en ballottage favorable pour atteindre les 8es de finale, dont sont encore loin Algérie, Cameroun, Ghana et Nigeria. Afrik-Foot fait le bilan de la première journée.


Trois défaites, un match nul et une toute petite victoire : c'est le bilan des cinq sélections africaines engagées dans cette 20e édition de la Coupe du monde. Après la première journée de la phase de groupes de la compétition, Algérie, Cameroun et Ghana se retrouvent déjà dos au mur. Le Nigeria est en sursis pour l'heure, alors que la Côte d'Ivoire, qui cette fois n'a pas manqué ses débuts, pourrait atteindre les 8es de finale pour la première fois de son histoire

 Des Lions Indomptables à l'agonie

Première nation du continent à avoir fait son entrée en lice dans la compétition, le Cameroun s'est incliné face au Mexique (1-0). Et comment pouvait-il en être autrement ? Mis à part le poteau trouvé par Samuel Eto’o et une tête de Benjamin Moukandjo dans le temps additionnel, les hommes de Volker Finke n'ont rien proposé dans le jeu et aurait même pu -et dû- s'incliner sur un score bien plus lourd sans les deux buts refusés aux Mexicains pour des hors-jeu inexistants.

Désorganisés tactiquement et peu inspirés sur le plan offensif, les Camerounais se sont montrés très loin des attentes placées en eux. Déjà dos au mur avant d'affronter la Croatie mercredi, puis le Brésil, pays hôte de ce Mondial, les Lions vont devoir réaliser deux exploits pour espérer aller plus loin dans la compétition. Sauf que pour cela il leur faudra montrer un tout autre visage sous peine de quitter la compétition avec un zéro pointé qui leur pend au nez. Pour rappel, en 2010, la bande à Samuel Eto'o avait été la première équipe a être officiellement éliminée… Vers un doublé peu glorieux ?

 La Côte d'Ivoire sans forcer son talent

Ils n'ont pas proposé le plus beau jeu des cinq représentants africains, mais au moins ils ont eu le mérite de gagner. Les Eléphants auront mis le temps, mais ils sont finalement arrivés à bout du Japon (2-1), non sans avoir eu à forcer leur talent. Longtemps menée au score après une nouvelle erreur de marquage mettant une fois de plus en avant la fragilité de la défense, l'équipe de Sabri Lamouchi est parvenue à renverser la vapeur.

Dominatrice dans le jeu, mais avec énormément de déchet technique et de mauvais choix dans le dernier geste, la Selefanto s'en est une fois encore remis à Didier Drogba, qui a su tirer ses coéquipiers vers le haut après son entrée en jeu. Si tout n'a pas été parfait, avec un Yaya Touré loin d'être au top de sa forme, les Ivoiriens ont au moins eu le mérite de faire le métier. Dans un groupe C à leur portée, un succès face aux Japonais était attendu avant d'affronter la Colombie et la Grèce, c'est chose faite.

 Le Nigeria sans envie

Sans aucun doute LA grosse déception de cette première journée de la phase de groupes. Attendue pour prendre les trois points face à l'Iran, une des sélections les plus faibles de la compétition, l'équipe entraînée par Stephen Keshi s'est montrée loin, très loin, de celle qui a tout écrasé sur son passage pour devenir championne d'Afrique en 2013. Les Super Eagles n'ont pu obtenir de meilleur résultat que le point du match nul (0-0). Comment aurait-il pu en être autrement ?

Peu d'inspirations dans le jeu, de rares accélérations, pas de débordement, les Super Eagles ont donné l'impression de ne pas avoir envie d'aller chercher la victoire, si ce n'est après les entrées en jeu de Shola Ameobi et Peter Odemwingie. Au final, ils ont rendu une copie très en dessous de la moyenne, loin des attentes placées en eux. Mais ils se sont surtout sérieusement mis en danger dans l'optique de la qualification pour le second tour car il va désormais falloir aller chercher des points contre la Bosnie et l'Argentine.

 Un Ghana décontractée et déconcentré

Au moins, les Blacks Stars auront marqué les esprits, à défaut de plusieurs buts. Arrivés dans l'Arena das Dunas de Natal en chantant et dansant en chœur sous l'impulsion de Michael Essien (une image qui a fait le tour des plateaux télé), les hommes de James Kwesi Appiah ont encaissé le but le plus rapide depuis le coup d'envoi de la Coupe du monde. Il n'aura fallu que 30 secondes de jeu, une remise en jeu sur une touche, un marquage laxiste de John Boye et une percée de Clint Dempsey pour voir les Américains ouvrir le score. Toute une préparation gâchée en moins d'une minute…

Faute de concentration qui sera une nouvelle fois fatale à la 86e minutes avec le but du 2-1 concédé sur un corner. Mais, entre les deux buts américains, les Ghanéens auront tout de même montré de bonnes dispositions. Sans doute même le collectif le plus huilé des cinq nations africaines pour l'heure. Péchant dans le dernier geste avec un seul but pour 21 tentatives, l'équipe a payé cher les nombreux loupés de Gyan, Jordan Ayew ou encore Christian Atsu. Dans un groupe G où il va désormais falloir se frotter à l'Allemagne puis au Portugal, c'était sans doute le match à ne pas perdre.

 L'Algérie à contre-emploi

Les Fennecs sont tombés avec leurs idées. Battue par la Belgique (2-1), l'équipe pouvait nourrir des regrets au coup de sifflet final. Avec une stratégie résolument défensive pour contrer les plans des Diables Rouges, les Verts ont longtemps résisté avant de finir par céder au retour des vestiaires. De quoi susciter de la frustration chez les joueurs et les supporters, qui ont vu leur sélection pratiquer un football qui n'est plus le sien.

D'ordinaire joueuse, l'équipe de Vahid Halilhodzic s'est contentée de défendre très bas pour placer quelques contres. Un pari tenté par le technicien franco-bosnien qui aura seulement tenu 45 minutes. Si le système résolument défensif a été critiqué, les joueurs ont eu le mérite de respecter les consignes et faire preuve de discipline pour se replacer devant une défense encore friable. Un système qui, à coup sûr, va être abandonné lors des deux prochains matchs contre la Corée et la Russie pour montrer le vrai visage des Verts.

Avatar photo
Mansour Loum