Afrik-Foot.com vous raconte l’histoire des équipes africaines en Coupe du monde de football. Pour sa quatrième participation, l’Afrique a envoyé la Tunisie et son Ballon d’Or, Tarak Dhiab. Première participation pour les Aigles de Carthage, premier match et première victoire. Ouf! L’Afrique peut enfin jouer la tête haute.


C’est sur fond de controverse que se déroule la Coupe du monde 1978, organisée par l’Argentine. Outre le contexte politique tendu (l’Argentine est, depuis 1976, une dictature militaire menée par le général Videla, chef de la junte militaire), la FIFA a décidé de changer le format de l’épreuve. Le nombre d’engagés ayant progressé de manière exponentielle à cause de la décolonisation en Asie et en Afrique, l’instance dirigeante du football mondial décide de ne plus disputer de quarts ni de demi-finales mais d’organiser une seconde phase de groupes, qui rallonge d’autant la compétition. En outre, ce deuxième tour favorise les arrangements entre fédérations, à l’image de cet étrange Argentine-Pérou, remporté par les locaux (6-0) et disputé… trois heures après l’autre match du groupe.

Mais de tout ça, la Tunisie n’en a cure. Uniques représentants du continent africain, les Aigles de Carthage ont du éliminer le Maroc, l’Algérie et la Guinée, avant de remporter une bataille à trois face à l’Egypte et au Nigeria pour valider leur billet pour l’Amérique du Sud.

Tarak Dhiab le magnifique

D’entrée, les hommes d’Abdelmajid Chetali frappent un grand coup. Ce 2 juin à Rosario, le monde du football assiste à la première victoire africaine en Coupe du monde. Huit ans après le nul décroché par le Maroc, une nouvelle équipe originaire du Maghreb vient inscrire des points pour l’Afrique. Une jolie victoire sur le Mexique (3-1) qui offre des belles perspectives aux Tunisiens, avant de rencontre la Pologne, troisième de la dernière édition et la RFA, championne du monde en titre.

Emmenée par un étincelant Tarak Dhiab, Ballon d’Or africain 77, les Tunisiens réalisent une seconde période de folie et reviennent au score par Kaabi (55e) avant de s’imposer définitivement par Ghommidh (79e) et Douieb (87e). L’Afrique vient de décrocher ses trois premiers points.

Le Zaïre oublié

Mais, contre les Européens, les Africains ne feront pas le poids. Face à une équipe composée de huit titulaires du match pour la troisième place face au Brésil lors de la Coupe du monde 1974, les Tunisiens sont dominés mais ne s’inclinent que d’un but. Chez les Polonais, figure un certain Henryk Kazperczak qui deviendra plus tard le sélectionneur des Aigles (1994-1998).

La Tunisie conclue son premier tour et sa Coupe du monde par un 0-0 face aux champions du monde en titre. Un manque de réalisme flagrant prive les Nord-Africains d’une victoire nécessaire pour le deuxième tour. Battus, les Tunisiens regardent les Pays-Bas perdre pour la deuxième fois de rang en finale face au pays hôte après que la France a joué un match sous les couleurs du Kimberley FC face à la Hongrie ou que le Péruvien Teófilo Cubillas marque l’un des plus beaux coup franc de l’histoire à l’Ecosse… Chez elle, l’Argentine s’impose grâce à un Mario Kempes tout feu tout flamme, auteur de 6 buts durant la compétition.

L’Afrique rentre chez elle la tête haute, les Tunisiens ayant effacé des tablettes le naufrage zaïrois de 1970.