Au cœur d’une affaire qui risque de déboucher sur une interdiction de recrutement d’un an pour le FC Nantes, Ismaël Bangoura a connu une reprise agitée la semaine dernière. Déstabilisé par la situation, le Guinéen a été hospitalisé durant quelques jours pour « maux de tête ».


Pour une reprise particulière, c’est une reprise particulière ! De retour au FC Nantes après une saison passée en prêt à Umm Salal, au Qatar, Ismaël Bangoura a effectué sa reprise au centre d’entraînement de la Jonelière, fin juin, dans des conditions pour le moins déstabilisantes. Le Guinéen de 28 ans est, malgré lui, au centre d’une affaire qui fait planer l’incertitude dans les rangs du promu en Ligue 1.

L’ancien Manceau a rejoint Nantes gratuitement en janvier 2012 en provenance du club d’Al Nasr Dubaï. Non payé depuis plusieurs mois et rayé de l’effectif, il s’estimait alors libre. Mais le club émirati ne l’entendait pas de cette oreille et a saisi la FIFA pour rupture unilatérale de contrat. En novembre dernier, la chambre de résolution des litiges de l’instance internationale a rendu son verdict et donné raison au plaignant. Le FC Nantes a été accusé d’ « avoir incité le joueur à rompre abusivement son contrat pendant une période protégée« . A ce titre, il a été condamné à payer une amende de 4,5 millions d’euros à Al Nasr en compagnie de Bangoura.

Une reprise compliquée

Mais la sanction ne s’arrête pas là, l’ancien Manceau a été suspendu pendant quatre mois, ce qui explique sa saison blanche avec Umm Salal (6 matches joués). Surtout, le FC Nantes a été condamné à une interdiction de recrutement pendant deux ans (mercato d’été 2013 et mercato d’hiver de janvier 2014). Pas vraiment l’idéal pour un promu.

Jusqu’à présent, l’international guinéen (46 sélections, 20 buts) ne vivait pas trop mal cette situation, au Qatar, bien loin de la Loire-Atlantique et des remous créés par son affaire. D’autant plus qu’il avait, comme les Canaris, l’espoir que le TAS (tribunal arbitral du sport) annule la décision de la FIFA. Mais, début juin, la plus haute juridiction du sport a rejeté l’appel nantais. Un timing qui tombait mal puisque la décision intervient à quelques semaines du mercato d’été et de la reprise de l’entraînement du FCNA.

Bangoura hospitalisé

Conscient que la situation est difficile à vivre pour Bangoura, le promu en L1 a tenté de placer son attaquant dans de bonnes dispositions à l’heure de retrouver le chemin de l’entraînement, jeudi 27 juin, à la Jonelière. « On va le mettre dans les meilleures conditions pour qu’il se sente bien. Qu’il essaye de nous apporter quelque chose« , a assuré Franck Kita, le directeur général délégué du club, au sujet du Guinéen. Mais ces efforts n’ont pas suffit. Au lendemain de la reprise, Bangoura a été hospitalisé pour des « maux de tête », sans doute pas étranger à la situation pesante.

Depuis, l’état de santé de l’ancien Rennais s’est amélioré. Il est sorti de l’hôpital lundi dernier. Il reste néanmoins convalescent pour quinze jours au moins et suivra une reprise individualisée, loin de ses coéquipiers, qui partiront en stage de préparation à Annecy du 7 au 14 juillet.

Un coup d’éclat après le coup de déprime ?

Bangoura, comme les Canaris, restent accrochés à un dernier espoir, très ténu. Le Tribunal fédéral suisse va examiner l’appel du FCNA. En attendant sa décision, le club est autorisé à recruter. Mais il y a très peu de chance que la décision finale soit favorable à l’octuple champion de France.

Le ciel reste donc rempli de nuages pour Bangoura, qui culpabilise sans doute. L’attaquant a pourtant un beau coup à jouer. Si la Maison Jaune reste interdite de recrutement, il pourrait tirer profit de l’absence de recrues pour s’imposer plus facilement sur le front de l’attaque nantaise. A 28 ans, il a bien besoin de rebondir. Longtemps considérée comme prometteuse, sa carrière est au point mort depuis trois ans…