La commission d’éthique de la FIFA a rendu son verdict ce lundi dans le cadre l’enquête visant Michel Platini et Sepp Blatter pour un versement d’1,8 million d’euros. Les deux hommes sont suspendus de toute activité liée au football pour huit ans.


L’horizon s’assombrit pour Michel Platini. Candidat à la présidence de la FIFA, et suspendu 90 jours depuis le 8 octobre tout comme Sepp Blatter dans le cadre de soupçons de corruption autour d’un versement de l’ordre 1,8 million d’euro perçu en 2011 de la part de la FIFA, le président de l’UEFA et le dirigeant suisse ont été suspendus pour huit ans de toute activité liée au football ce lundi matin par le comité d’éthique de l’instance. Le Français a également écopé d’une amende de 80 000 Francs suisses (74 000 euros) tandis que l’ex-président de la FIFA a été sanctionné d’une amende de 50 000 Francs suisses (46 000 euros).

Le comité d’éthique reproche notamment aux deux hommes d’avoir abusé de leur position, les condamnant ainsi pour « conflit d’intérêt » et « gestion déloyale« . « M. Blatter, en sa qualité de Président de la FIFA, a autorisé ce paiement (de 1,8 million d’euros, ndlr) en faveur de M. Platini sans qu’il n’y ait une base juridique dans l’accord écrit signé par les deux officiels le 25 août 1999« , indique le comité d’éthique dans son communiqué. « M. Blatter n’a pas été en mesure de fournir une autre base juridique pour ce versement, que ce soit dans sa déclaration écrite ou lors de son audience. Sa déclaration quant à l’existence d’un accord oral n’a pas été jugée convaincante et a été rejetée par la chambre. »

Entendu vendredi, Sepp Blatter, président démissionnaire de la FIFA n’a visiblement pas convaincu le jury, alors que de son côté Michel Platini ne s’est pas présenté pour s’expliquer, s’estimant « déjà condamné par une procédure uniquement politique » visant à l’écarter de la course à la présidence l’instance dont le prochain scrutin se tiendra le 26 février. La seule présence de ses avocats n’a visiblement pas suffi. « En plaçant ses intérêts personnels avant ceux de la FIFA, et en ne s’abstenant pas d’agir à l’encontre des intérêts de la FIFA, M. Platini a manqué à son devoir de loyauté envers la FIFA et a ainsi violé l’article 15 du Code d’éthique de la FIFA (Loyauté)« , rapporte le communiqué.