Disputée samedi en présence du président de la République, Mohamed Ould Aziz, la Supercoupe de Mauritanie a été interrompue peu après l’heure de jeu pour directement déboucher sur la séance des tirs au but. Une décision ordonnée par le chef de l’Etat.


Il faut le voir pour le croire… Si au niveau de sa sélection nationale la Mauritanie tend à démontrer par ses résultats qu’elle est l’une des nations montantes sur le continent africain, certaines pratiques que l’on pouvait penser – à tort- révolues, sévissent encore au niveau locale. La Supercoupe de Mauritanie en a été le triste exemple, avec comme personnage central le président de la république, Mohamed Ould Aziz, auteur de pratiques d’un autre temps.

Disputée samedi 28 novembre à Nouadhibou dans le cadre des célébrations du 55e anniversaire de l’accession à l’indépendance du pays, la rencontre qui a opposé le FC Tevragh Zeina à l’Association Culturelle et Sportive du Ksar a brutalement été stoppée à la 63e minute de jeu alors que les deux formations ne parvenaient pas à se départager (1-1). Lassé de devoir attendre une demi-heure de jeu supplémentaire et une éventuelle prolongation, mais surtout pressé par son programme en cette journée de festivités, le chef de l’Etat a tout bonnement ordonné que les deux équipes en viennent directement aux tirs au but.

La politique par le football

Décision exécutée dans la foulée, devant tous les officiels et les pontes de la Fédération mauritanienne, tous silencieux face à cette violation des règles qui régissent le ballon rond. Face au tollé provoqué par cette décision, la Fédération s’est pour l’heure murée dans un silence qui en dit long. Une bien mauvaise publicité dont elle se serait passée volontiers, preuve s’il en fallait encore pour une fois de plus pointer du doigt la main-mise du pouvoir politique sur le sport en général et le football en particulier sur le continent.

De quoi donner du grain à moudre aux détracteurs d’un football qui souffre déjà de bien de maux. Pour l’anecdote, c’est le FC Tevragh Zeina qui l’a finalement emporté, face à une ACS du Ksar dépitée après être revenue au score… pour rien.