Décédé jeudi le jour de ses 74 ans, le sulfureux président de Montpellier, Louis Nicollin, était apprécié par de nombreux acteurs du football africain, parmi lesquels Roger Milla, Ibrahima Bakayoko et Younès Belhanda, qui ont brillé dans l’Hérault.


Emporté jeudi par un malaise cardiaque alors qu’il fêtait ses 74 ans, Louis Nicollin laissera un grand vide dans le football français, dont il était une figure emblématique. Président de Montpellier depuis 1974, le tempétueux dirigeant a aussi côtoyé beaucoup de joueurs africains au cours de son mandat. Le plus célèbre restera forcément Roger Milla, recruté en 1986 grâce à un gros effort financier du boss héraultais. Le buteur camerounais offrira un beau retour sur investissement à « Loulou » avec un titre de champion de D2 (18 buts) suivi d’une 3e place en D1 (12 buts) avant un 3e exercice plus compliqué malgré une première participation européenne.

Même après le départ du Lion, une amitié durable liera les deux hommes, Milla ramenant notamment à Nicollin le maillot récupéré auprès de Diego Maradona au Mondial 1990, permettant au Sudiste d’enrichir son célèbre musée. « Roger Milla, je ne peux pas dire que c’est mon fils parce qu’il est noir, mais c’est un garçon attachant. En plus, tu te rends compte, il a joué jusqu’à quarante ans. C’est un phénomène« , disait le Pailladin au sujet du double Ballon d’Or africain.

Le tacle à la CAN…

25 ans plus tard, autre époque avec le titre de champion de France surprise décroché par le MHSC en 2012 grâce notamment aux belles performances de l’enfant du pays, Younès Belhanda. Le Marocain aura lui aussi marqué l’histoire de l’ère Nicollin. « C’est un très bon joueur qui nous a apporté beaucoup de choses. Il a été formé pendant toute sa jeunesse chez nous. Il a participé à plein temps à l’aventure pour être champion de France. Les joueurs passés par le Montpellier Hérault, je les aime tous. Et il y a même un petit plus pour ceux qui ont été champions de France« , soulignait récemment le patron du MHSC dans les colonnes de France Football.

En 2015, le défunt s’était montré moins tendre avec la CAN, n’hésitant pas à tacler la compétition. « Je ne conçois pas que l’on quitte son club aussi longtemps en pleine saison. Cela peut déséquilibrer un groupe et être préjudiciable. À l’avenir, je n’achèterai plus un joueur qui dispute la Coupe d’Afrique des Nations, c’est clair« , assurait-il. Mais l’Afrique préférera retenir un autre souvenir de l’Héraultais, qui a donné son nom à une école primaire dans le quartier de la Riviera Palmeraie, à Abidjan en Côte d’Ivoire, comme le raconte l’ancien attaquant montpelliérain Ibrahima Bakayoko, à l’origine de l’initiative.

Le superbe hommage de Bakayoko

« C’était quelqu’un d’extraordinaire. Quand j’étais stagiaire, il m’avait convoqué chez lui et m’avait dit : ‘Tu vas passer pro et tu me dis combien tu veux ! » Alors en 2006, quand j’ai pensé à créer une école, je voulais que ce soit à son nom. Pour moi, c’était important de voir son nom chez moi« , explique l’Ivoirien à L’Equipe. « Et il m’a invité aux 40 ans de Montpellier et là, il m’a donné un chèque de 10 000 euros pour l’école tellement ça l’avait touché. » Ainsi, le souvenir de ce passionné survivra encore longtemps dans les mémoires.

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