Zinedine Zidane a décidé de prendre sa retraite sportive à l’issue de la Coupe du monde 2006. A bientôt 34 ans, le génial meneur de jeu a notamment mis sa lassitude physique en avant pour expliquer sa décision. Reste deux matchs de Liga espagnole pour profiter du talent du Ballon d’Or 1998, et de trois à sept rencontres lors de la Coupe du monde 2006, en Allemagne.


Il était attendu mercredi, à 13 heures, pour une conférence de presse prévue depuis une semaine. Mais Zinedine Zidane a feinté tout le monde pour annoncer mardi, en fin d’après-midi, sur Canal +, qu’il mettrait un terme à sa carrière sportive à l’issue de la Coupe du monde 2006, en Allemagne. « Ça peut paraître bizarre de l’annoncer maintenant, à deux semaines de la fin du championnat, mais c’est une décision que j’ai mûrement réfléchie et qu’il fallait que je prenne avant la Coupe du monde, a expliqué le meneur de jeu du Real Madrid et de l’équipe de France. J’avais envie de me dégager de ça. J’ai fait tout ce que j’avais à faire. Vis-à-vis du club, je ne pouvais pas terminer la Coupe du monde, prendre trois semaines de vacances, revenir et dire : ‘j’arrête, cherchez un nouveau joueur’. Si les dirigeants veulent recruter un joueur à mon poste, ils ont le temps de le faire. »

« C’est surtout mon corps »

A 34 ans au mois de juin prochain, le problème, « c’est surtout mon corps », a développé le footballeur d’origine algérienne. « Je me suis dis que je ne pouvais pas repartir un an. Cela fait deux ans que les résultats ne sont pas là (dernier titre de champion d’Espagne en 2003). Quand vous n’atteignez pas les objectifs, vous vous posez des questions. Je sais que je ne peux pas faire mieux que ce que j’ai fait jusqu’à présent. Je suis à un âge où c’est de plus en plus difficile [et] je ne voulais pas refaire une année comme celles que je viens de faire. Je ne peux pas me contenter de ce que j’ai réalisé ces deux dernières saisons. Je ne suis pas frustré, simplement réaliste. »

Le capitaine de l’équipe de France a joué cette saison 26 des 33 matchs de championnat disputés par le Real de Madrid, dont 22 comme titulaire. Outre les tracas physiques qui l’ont empêché de prendre part à toutes les rencontres, ses entraîneurs, Vanderlei Luxemburgo puis Lopez caro, ont aussi cherché à le préserver. Parfois égratigné par la presse espagnole, qui l’adore pourtant, il a montré à l’occasion de quelques rencontres qu’il fallait encore compter sur lui. Son premier hattrick (trois buts de suite) réalisé le 15 janvier dernier face au FC Séville a permis aux socios madrilènes, pour l’une des dernières fois, de sortir leur mouchoir blanc en l’honneur de leur chouchou de « Galactic ».

« Le plus gros talent de ces vingt dernières années »

Didier Deschamps, Aimé Jacquet, Raymond Domenech, Bixente Lizarazu… les hommages se sont multipliés dès mardi soir, dans la presse, à la télé ou à la radio, pour dire l’immense et modeste champion qu’est Zinedine Zidane. Marcello Lippi, son ancien entraîneur à la Juventus de Turin (Italie), où il a passé cinq ans et remporté deux titres de champion, lui a sans doute rendu le plus beau : « Je pense que c’est le plus gros talent du football de ces vingt dernières années, a-t-il déclaré mardi soir sur Canal +. Je me souviens d’un garçon humble, arrivant à la Juve, portant le grand poids de son illustre prédécesseur, Michel Platini. Au début, il a eu quelques difficultés. Je me rappelle lui avoir toujours dit, pour l’encourager, d’être tranquille, de jouer comme il savait le faire. Je lui disais : ‘Je te ferai toujours jouer, tu seras toujours titulaire, toujours, tu ne seras jamais sur le banc, car un joueur comme toi doit être titulaire dans un grand club’. Je me rappelle aussi très bien qu’après les matches, quand je sortais du restaurant vers 23h00, je voyais Zidane jouer au ballon avec des gens dans un quartier où il avait des amis algériens. Je lui disais: ‘Zizou, qu’est-ce que tu fais à cette heure-ci ? ‘. Il me répondait : ‘Ça me fait tellement plaisir de jouer avec mes amis’. (…) Je suis honoré d’avoir été l’entraîneur de Zidane. Je suis heureux d’avoir pu quelque peu l’aider à exprimer ses qualités. Je suis convaincu qu’il m’a donné bien plus que ce que j’ai pu lui donner ».

Quant à Alfredo Di Stefano, mythique joueur du Real Madrid et président d’honneur de la Juventus de Turin, il estime que « Zizou part avec une auréole. Il a été pour moi un joueur brillantissime qui a donné du plaisir aux spectateurs. Un dominateur du ballon inégalable (…) Son départ me peine car je pense qu’il aurait pu jouer jusqu’à l’âge de trente-six ou trente-huit ans, et même jusqu’à quarante ans, tellement il a de classe en lui. Il est entré parmi les grands de l’histoire du football », a-t-il expliqué au quotidien sportif L’Equipe.

Après avoir pris sa retraite internationale, le Ballon d’Or 1998 est revenu le 17 août 2005 en équipe de France, à l’occasion d’un match amical contre la Côte d’Ivoire remporté 3 buts à 0. Il lui reste deux matchs à disputer avec le Real de Madrid et de trois à sept, avec les Bleus, selon le stade auquel ils parviendront à se hisser lors de la Coupe du monde 2006, en Allemagne.

Palmarès :

 Ballon d’Or 1998.

 Meilleur joueur de l’année Fifa 1998, 2000 et 2003.

 Coupe du monde 1998. Championnat d’Europe 2000.

 Champion d’Italie 1997 et 1998 (Juventus de Turin). -Champion d’Espagne 2003 (Real Madrid).

 Ligue des Champions 2002 (Real Madrid)