La Fédération camerounaise de football veut Samuel Eto’o pour préparer correctement la Coupe d’Afrique des Nations 2008, qui débute le 20 janvier au Ghana. Elle assure n’avoir jamais autorisé le FC Barcelone à conserver son attaquant vedette jusqu’au 12 janvier prochain.


La Coupe d’Afrique des Nations 2008 n’avait pas encore connu sa traditionnelle polémique, concernant l’exode des joueurs africains de leurs clubs, qui les salarient, vers les sélections nationales. Elle est venue ce week-end du FC Barcelone et de Samuel Eto’o, son attaquant vedette, icône de la future Coupe du monde sud-africaine. Le club catalan a assuré vendredi avoir trouvé un arrangement avec la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) pour conserver son attaquant jusqu’au 12 janvier. Le temps, a précisé l’entraîneur néerlandais Frank Rijkaard, qu’il participe au match de 8e de finale aller de la Coupe d’Espagne face au FC Séville, le 9, ainsi qu’à la 19e journée du championnat, contre Murcie, trois jours plus tard.

Jointe ce lundi par téléphone, la Fédération camerounaise, qui avait réclamé la libération de son joueur deux semaines avant le début de la compétition, comme les textes de la Fifa l’y autorisent, assure ne pas comprendre. « Nous avons répondu le 3 janvier à une demande du Barça de conserver Eto’o jusqu’au 12 pour dire non. L’entraîneur ne connaît pas le joueur. Comment savoir de quelle manière l’utiliser s’il arrive au dernier moment ? interroge Martin Etonge, chef du département compétition de la Fédération camerounaise. La position de la Fecafoot n’a pas changé. On n’a pas autorisé cet arrangement. Eto’o doit rejoindre le groupe. L’entraîneur a demandé à ce que le joueur soit avec le groupe avant le 6 janvier, comme les autres. »

Quant à savoir avec qui le FC Barcelone a concrétisé l’arrangement évoqué vendredi par Rijkaard : « C’est à lui de le dire », répond le dirigeant camerounais. Martin Etonge précise que le médecin du club catalan a écrit à la Fecafoot le 5 janvier, pour expliquer qu’Eto’o doit suivre un plan de remise en forme, après son retour de blessure. Mais « le médecin n’a pas à nous saisir, c’est au club de le faire, explique-t-il, faisant remarquer que c’est après qu’« on a refusé de libérer Eto’o qu’ils ont mis des arguments médicaux en avant… »

Une attaque décimée

Le FC Barcelone avait annoncé dès septembre dernier sa volonté de ne pas libérer Samuel Eto’o. Celui-ci avait déjà raté quatre mois de la saison 2006-2007, en raison d’une blessure à un genou, et s’est de nouveau blessé fin août dernier au cours d’un match amical. Le club n’était pas revenu sur la question mais il est marqué depuis plusieurs semaines par une baisse de rendement de son milieu offensif, le brésilien Ronaldinho, et de son attaquant français Thierry Henry, qui revient de blessure. Quant au génial argentin Lionel Messi, le seul des « Quatre fantastiques » à avoir donné entièrement satisfaction depuis le début de la saison, il est indisponible jusqu’au 20 janvier prochain.

Le milieu défensif ivoirien Yaya Touré, qui a lui aussi impressionné les dirigeants de son nouveau club, a été libéré en temps et en heure pour rejoindre les Eléphants de Côte d’Ivoire, qui se préparent au Qatar depuis ce lundi. La richesse de l’effectif des Blaugrana dans ce secteur n’y est sans doute pas pour rien.

Drogba : « Je dois aider mon pays »

En décembre dernier, la Fédération nigériane de football, qui a déjà vu des préparation à la Can ruinées par les clubs où évoluent ses meilleurs éléments – ainsi que par ses propres instances – s’était voulue très claire. « Le règlement de la FIFA sur la libération des joueurs pour les compétitions majeures est très clair et la NFA (Nigerian Federation association) va l’appliquer à la lettre, avait déclaré le porte-parole de la fédération, Ademola Olajire. Nous souhaitons la présence de tous les joueurs sélectionnés dans le camp de regroupement 14 jours avant le coup d’envoi du tournoi et aucune requête des clubs ne nous fera renoncer à la date de clôture du 6 janvier ». Le discours avait été le même du côté de la sélection ghanéenne, dont l’entraîneur français, Claude Leroy, a indiqué en décembre qu’il voulait ses joueurs à disposition 14 jours avant le début de la Can pour un stage de préparation à Dubaï.

« Nous n’avons pas à les libérer si tôt », avait répondu Peter Storrie, le directeur exécutif de Portsmouth, en première division anglaise, qui fait des cauchemars à l’idée de laisser partir Sulley Muntari (Ghana), Papa Bouba Diop (Sénégal), Nwankwo Kanu et John Utaka (Nigeria) en même temps. « Ce n’est pas une situation facile pour nous (joueurs africains), a reconnu ce week-end Didier Drogba, au micro de la BBC. « Nous aimons notre pays, nous avons une grande compétition qui arrive et au même moment, il y a des matches importants avec Chelsea. J’aimerais être là, a poursuivi le meilleur footballeur africain de l’année 2007, de retour après avoir été opéré le 8 décembre dernier du ménisque gauche. Mais je dois également aider mon pays. »