Andriatsima (Madagascar) et Bessam (Mauritanie) avant un match amical.

Cette première CAN à 24 est marquée par la participation historique du Burundi, de Madagascar et de la Mauritanie, trois nations qui vont disputer leur première phase finale dans la compétition. Avant l’entrée en lice du Burundi et de Madagascar ce samedi, retour sur le parcours de ces petits nouveaux.

Le Burundi, avec l’onction présidentielle

Si le Gabon de Pierre-Emerick Aubameyang ne participe pas à cette CAN, c’est en partie à cause du Burundi ! Alors que les Panthères devaient impérativement s’imposer à Bujumbura lors de la dernière journée des éliminatoires, elles ont été tenues en échec par les Hirondelles (1-1), ce qui a entériné la qualification du Burundi et déclenché des scènes de liesse dans tout le pays ! En terminant invaincus face au Gabon et au Mali (4 matchs nuls), les poulains du sélectionneur Olivier Niyungeko ont fait preuve d’une belle solidité.

Ce pays dont le président Pierre Nkurunziza est un grand fan de foot (pour le meilleur et pour le pire) a bénéficié de l’apport des deux binationaux vedettes, Gaël Bigirimana (Hibernian) et surtout Saido Berahino (Stoke City), mais il a également récolté les fruits de sa politique de formation et de construction de terrains.

Les coéquipiers d’Abdul Razak Fiston, 2e meilleur buteur durant les éliminatoires (6 buts), auront en plus à cœur de briller en hommage à leur coéquipier Papy Faty, qui avait de bonnes chances d’être parmi les 23 mais qui est tragiquement décédé d’une crise cardiaque survenue en plein match avec son club le 25 avril dernier.

Ses adversaires à la CAN : Nigeria, Madagascar, Guinée

Madagascar, premier de la classe

On a tendance à l’oublier, mais la première équipe à avoir officiellement validé son billet pour la phase finale de la CAN, c’est Madagascar ! Les Baera ont fait le boulot d’entrée et ils se sont même permis un petit relâchement lors des deux dernières journées sans véritable enjeu contre le Soudan (1-3) et sur le terrain du Sénégal (0-2), face à qui ils avaient résisté à domicile à l’aller (2-2).

Cette qualification historique récompense d’abord un travail de structuration de la sélection. «Quand j’ai été nommé, j’ai dit qu’il fallait que la sélection joue des matchs amicaux, qu’elle fasse des stages. Ce n’est pas en disputant trois ou quatre rencontres par an qu’on avance», rappelait récemment le sélectionneur français Nicolas Dupuis qui a longtemps travaillé sans contrat en bonne et due forme et parfois payé de sa poche les billets d’avion de ses joueurs.

Les Baera ont aussi bénéficié du renfort des nombreux binationaux «réunionnais», aux origines malgaches plus anciennes, comme Romain Métanire, Thomas Fontaine et plus récemment Jérémy Morel. Mais Dupuis n’a pas voulu d’opportunistes dans son groupe et il a récemment mis un stop à plusieurs intéressés de dernière minute. Car c’est avant tout l’état d’esprit et la force du collectif qui compteront dans cet effectif sans véritable star.

Ses adversaires à la CAN : Guinée, Burundi, Nigeria

La Mauritanie, un travail de longue haleine

Longtemps en tête de leur groupe éliminatoire, les Mourabitounes ont finalement été doublés sur le fil et à la différence de buts par l’Angola, mais cela ne change rien à leur excellente campagne de qualification, marquée notamment par une victoire 2-0 face au Burkina Faso. Même avec l’ancien format à 16 équipes, les hommes de Corentin Martins auraient validé leur billet en terminant parmi les meilleurs 2es.

Cette nation montante, souvent citée en exemple par la FIFA, est récompensée pour son travail de longue haleine débuté sous les ordres de l’ancien sélectionneur Patrice Neveu avec notamment la qualification historique pour le CHAN 2014. Sous l’impulsion du président de la Fédération, Ahmed Ould Yahya, en poste depuis 2011, on a assisté à la mise en place de plusieurs championnats de jeunes et, récemment, au lancement d’un championnat féminin.

L’apport des binationaux a également pesé ces dernières années mais Martins a, comme Dupuis avec Madagascar, fermé la porte aux intéressés de dernière minute. Là aussi, seule une cohésion collective à toute épreuve permettra aux Mourabitounes de s’extirper d’un groupe E pas évident (Mali, Tunisie, Angola)…