Algérie, Egypte, Togo, Ghana, Nigeria, Maroc, RDC… le football africain a connu une année 2010 d’une grande densité.



 L’Algérie, le renouveau

Vingt-quatre ans après, voilà les Fennecs en Coupe du monde. Une sacré renaissance pour une grande nation du football africain qui avait disparu ces derniers temps. L’Algérie ne pouvait choisir meilleur moment pour revenir sur la scène: 2010 est l’année du football africain.

Une jolie année pour la Khadra qui, sans jamais briller, a réussi ses meilleurs résultats depuis longtemps. Des performances acquises grâce à une incroyable capacité à réagir face à l’adversité mais un manque de génie criant. L’Algérie sait répondre présent face à l’adversité comme elle l’a prouvé face à l’Egypte à Khartoum lors des qualifications pour la Coupe du monde ou contre la Côte d’Ivoire en quarts de finale de la CAN. Les Verts ont plus de mal quand il s’agit de faire le jeu, à l’image du match d’ouverture face au Malawi (3-0) ou lors de la Coupe du monde 2010. Avec des joueurs tels de Bougherra ou Boudebouz, l’avenir s’annonce rose. Reste à trouver un buteur de classe.

 L’Egypte, la force de l’habitude

On aurait presque envie de dire, « L’Egypte, comme d’habitude ». Pour la troisième fois consécutive, les Pharaons ont remporté la Coupe d’Afrique des Nations. En Angola en janvier, les hommes d’Hassan Shehata se sont imposés à l’expérience. Avec l’une des formations les plus âgées du plateau, les Egyptiens ont tout de même triomphé de tous leurs adversaires.

Le reste de l’année n’aura pas été aussi productif: après avoir raté la qualification pour la Coupe du monde, encore, les joueurs égyptiens tardent à assurer leur qualification pour la CAN 2012 en étant accroché par le Sierra Leone (1-1) avant de perdre face au Niger (1-0). Mais le hat trick continental devrait leur permettre d’oublier ces contre-performances.

 Le Togo, le drame

Le football est sensé être un fête. Et la CAN angolaise, première réjouissance footballistique du continent, devait ouvrir le bal. Raté. Cette Coupe d’Afrique a été marquée par le mitraillage du bus togolais, qui passait par la province du Cabinda.

Un drame qui a affecté le monde du football africain, certaines équipes envisageant même de ne pas prendre part à la CAN. Deux personnes sont mortes dans cette attaque et le gardien de but, Kodjovi Obilalé, se remet à peine, près d’un an après ce coup d’éclat qui a poussé Emmanuel Adebayor vers la sortie. A jamais, les Eperviers ont été marqué.

 Le Ghana, la jeunesse au pouvoir

Assurément LA sélection nationale de l’année en Afrique. On ne donnait pas cher de sa peau. Mais, privés de Michael Essien, John Paintsil, John Mensah, Sulley Muntari ou Stephen Appiah, les Black Stars ont su se renouveler. Kevin Prince Boateng, Anthony Annan, Asamoah Gyan ou André Ayew ont pris le taureau par les cornes et atteint la finale de la CAN. Les hommes de Milovan Rajevac étaient même à deux doigts uruguayens d’une historique demi-finale de Coupe du monde.

Une belle année pour le football ghanéen que l’on n’attendait pas à ce niveau. Mieux organisé que l’Afrique du Sud, plus créatif que le Nigeria, plus puissant que l’Algérie, plus solidaire que le Cameroun, plus audacieux que la Côte d’Ivoire… Le Ghana a su capitaliser sur ses champions du monde des moins de 20 ans, symboles d’une politique de formation stable et logique. L’avenir leur appartient.

 Le Botswana, le premier de cordée

En prenant, à deux reprises, le meilleur sur la Tunisie (1-0), le Botswana a fait un pas de géant en vue de la qualification pour la CAN 2012, la première de son histoire. Brillants dans cette campagne éliminatoires, les Zèbres n’ont qu’un point à prendre pour valider leur billet pour le Gabon et la Guinée équatoriale.

Mieux, cette double victoire sur les Aigles de Carthage a précipité la chute de Bertrand Marchand, le sélectionneur français de la Tunisie. Le Botswana devrait d’ailleurs devenir le premier pays qualifié pour la prochaine Coupe d’Afrique, fruit de l’excellent travail réalisé par l’entraîneur Stanley Tshosane.

 Le TP Mazembe, la consécration

Les Corbeaux ont conservé leur titre: vainqueur de la Ligue des Champions en 2009, les Congolais ont remporté l’édition 2010 dans la douleur. Privé de son talisman, Trésor Mputu, avec un nouvel entraîneur, Lamine N’Diaye, le Tout Puissant a dominé l’Afrique, décrochant un nul à Tunis qui ne met plus en doute leur victoire après le controversé 5-1 de l’aller.

Une victoire continentale bonifiée par leur parcours étincelant lors de la Coupe du monde des clubs où le club de Lubumbashi a décroché son billet pour la finale face à l’Inter Milan, devenant par là même le premier club non issu d’Amérique du Sud ou d’Europe à atteindre ce stade. Mazembe est décidément Tout Puissant.

 Le FUS Rabat, la surprise

Le club marocain a remporté son premier titre continental en dominant les favoris, le CS Sfaxien, déjà vainqueur à deux reprises, en finale de la Coupe de la Confédération. Le FUS a, au passage, pris le meilleur sur le Stade Malien, SuperSport, la Baraka de Conakry, la Jaraaf, Zanaco et Haras.
Le Fath est même allé décrocher son titre à l’extérieur, en Tunisie, entrant ainsi dans la légende. L’arme du contre et les balles arrêtées ont été fatales aux Tunisiens qui ont quelque peu sous-estimé leur adversaire après la première manche où les Marocains parurent à la peine, oubliant que ce jour-là, le FUS livrait son second match en trois jours après avoir remporté la coupe du Trône.

 Aduana Stars, le Petit Poucet

Qui? Le champion du Ghana est un inconnu. Peu importe, le club a réussi l’exploit de remporter le titre national dès sa première tentative. Promu et champion, la performance est suffisamment rare pour le souligner.

Pour en arriver là, Aduana Stars a réalisé une autre sacré performance: 30 matches et seulement… 19 buts marqués! Soit un maigre total de 0,63 buts par match. Avec seulement 10 buts encaissés (15 victoires, 8 nuls, 7 défaites), ce succès est avant tout celui d’un entraîneur talentueux, Herbert Addo déjà consacré avec Ashanti Gold.

 Le Nigeria, la certitude

Comme d’habitude, les filles du Nigeria ont marché sur l’Afrique. Vainqueurs de la Coupe d’Afrique féminine en 1991, 1995, 1998, 2002, 2004, 2006, troisièmes en 2008, les Super Falcons ont remis le couvert en 2010. Elles sont, sans sourciller la meilleure équipe d’un continent qu’elles dominent de la tête et des épaules.

Et cette prépondérance devrait se poursuivre puisque les Falconets, les moins de 20 ans, ont atteint la finale de la Coupe de la monde, seulement battues par l’Allemagne (2-0), au terme de performances exceptionnelles.