C’est l’attaquant camerounais Samuel Eto’o Fils, sociétaire du Real Majorque (Espagne), qui a été sacré Ballon d’or africain 2003, vendredi dernier à Yaoundé. La Confédération africaine de football l’a préféré au Nigérian Augustin « Jay Jay » Okocha (Bolton, Angleterre) et à l’Ivoirien Didier Drogba (Marseille, France).


Les supporters des Lions Indomptables ont assisté en masse, vendredi, devant l’hôtel Hilton, à la consécration de Samuel Eto’o Fils, sacré Ballon d’or africain 2003. Sur l’écran géant qui avait été installé pour l’occasion, ils ont pu suivre en direct la cérémonie organisée à Yaoundé par la Confédération africaine de football (Caf). Et ont applaudi à tout rompre lorsque le joueur a reçu son trophée des mains d’Issa Hayatou, le président de la Caf.

Eto’o s’est montré modeste, précisant que ce prix appelait de sa part « plus d’ardeur au travail ». Pourtant, à 23 ans, le sociétaire du Real Majorque (Espagne) peut se vanter de ses performances. Brillant lors de la Coupe des Confédérations 2003, où le Cameroun avait atteint la finale, et vainqueur la saison dernière de la Coupe d’Espagne avec son club, c’est très dignement qu’il succède au Sénégalais El Hadji Diouf (Ballon d’or africain en 2001 et 2002). C’est tout aussi dignement qu’il s’inscrit dans la (déjà) longue lignée des ballons d’or d’origine camerounaise : Roger Milla, Thomas N’Kono, jean-Manga Onguéné, Théophile Abega et Patrick Mboma.

Les Nigérians mécontents

Son bilan personnel est plus que correct : 19 buts cette saison, dont 15 en championnat (en 30 matchs) et 4 en Coupe d’Europe (en 7 matchs). Soit une moyenne plus qu’honorable de 1 but tous les deux matchs. Mais ce qui fait surtout la force du jeune prodige restent avant tout ses qualités techniques et son mental à toute épreuve. Des atouts qui font de lui un véritable poison pour les défenses adverses. De nombreux commentateurs sportifs louent son potentiel tout en lui souhaitant de s’imposer dans un club plus coté que le Real Majorque. L’international est d’ailleurs pressenti à l’Atletico Madrid (Espagne), en fin de saison. D’autres clubs européens seraient intéressés : Valence, Barcelone, Chelsea, Arsenal et Manchester United.

Après avoir été finaliste les deux années précédentes, Eto’o s’est donc imposé face à deux autres poids lourds : le Nigérian Augustin « Jay Jay » Okocha (Bolton, Angleterre) et l’Ivoirien Didier Drogba (Marseille, France). Une décision qui a outré les supporters et les autorités du football nigérians qui dénoncent un « vote injuste ». Après qu’Okocha ait été désigné par la Caf meilleur joueur de la dernière Coupe d’Afrique des Nations en Tunisie, tous pensaient le voir sacré Ballon d’or… Lots de consolation pour les Nigérians : Obafei Martins a été élu meilleur espoir, Kadiri Ikhana (Envimba), meilleur entraîneur et Envimba, meilleur club de l’année. Quant à Didier Drogba, qui a fait une excellente saison, il a pu se consoler avec le titre de meilleur joueur de Ligue 1, en France, pour la saison 2003-2004 que viennent de lui décerner ses pairs.

Meilleur joueur du monde

Du côté camerounais, en revanche, c’est la jubilation. Alors que le football national traverse des turbulences (sanction de la Fifa, échecs successifs à la Can 2004 et aux éliminatoires des jeux Olympiques de l’été prochain), il s’est retrouvé vendredi sous les feux de la rampe. En plus d’Eto’o, Idriss Kameni a été élu meilleur gardien de but. Les Lions Indomptables remportent, en outre, le titre de meilleure sélection nationale.

La presse camerounaise ne tarit plus d’éloges sur son jeune prodige. Pour Le Messager, Samuel Eto’o est « le footballeur camerounais le plus doué depuis Milla » et il « mérite cette distinction depuis 4 ans ». « En 2000 déjà, auteur d’une saison époustouflante de Lagos à Sydney, Samuel Eto’o aurait pu être, à 19 ans, le plus jeune Ballon d’or africain de l’histoire. » Le journal rappelle que Eto’o est le seul Africain, avec le Tunisien Trabelsi, à avoir été classé par France Football, « la bible du football », parmi les 50 meilleurs footballeurs évoluant en Europe en 2003. « Fin technicien, puissant, rapide et accrocheur, il a tout ce qu’il faut pour affoler les défenses adverses, même les plus rugueuses. (…) A 23 ans, l’enfant de New-Bell, à Douala, possède un énorme potentiel pour être sacré, demain, meilleur joueur du monde. »

Et comme pour justifier son titre de vendredi soir, le jeune attaquant a brillé une fois de plus, dimanche, lors du match de la 35è journée de liga. Il a marqué deux buts face à Malaga, donnant la victoire 2-1 à son club. Mission accomplie pour le Ballon d’or 2003.