La RD Congo sombre (encore) dans la violence

Ce qui devait être une fête du football congolais a tourné au pugilat. Dans le cadre de la 9 journée des play-offs, le stade Tata Raphaël a été le théâtre de quatre matches importants en deux jours. Deux rencontres font polémique pour de nombreux incidents. La faute aux supporters mais aussi aux staffs techniques.


Au moment de rentrer sur la pelouse du stade Tata Raphaël de Kalamu, les Corbeaux du Tout Puissant Mazembe ne pouvaient imaginer ce qui allait leur arriver sportivement et humainement. Si l'ambiance “chaude” de ces plays-offs était attendue, la bêtise de certains pseudo-supporters n'est que trop peu prévisible. Ce qui devait être un match facile face au Shark XI, avant-dernier au classement des phases finales, s'est transformé en mauvais souvenir.

Projectiles + insultes = 0-2 après cinq minutes

Pourtant, avant même le début de la partie, les joueurs du Tout Puissant vont comprendre le programme du jour. Le milieu de terrain Boubacar Diallo est touché à la cheville par un projectile venant des supporters adverses. Cet événement va être le déclencheur de la dégradation de l'atmosphère. Le match est retardé de 36 minutes pendant lesquelles règne une confusion monumentale. La tribune officielle est le théâtre d'une chasse aux dirigeants de Mazembe qui sont obligés de se cacher.

Sur la pelouse, les deux équipes se joignent entre elles sur le banc du club de Lubumbashi en signe d'union devant ce triste spectacle. Malgré les incidents, la partie va finalement se dérouler, dans une ambiance délétère. Le résultat de toute cette atmosphère arrive vite : sur la première action, Shark ouvre le score et double la mise à la 5e minute. Si les hommes de Patrice Carteron ont l'expérience du continent africain et de certaines ambiances difficiles, ils vont courir après ce score tout le match et la réduction du score de Coulibaly à la 81e minute ne changera rien. Le match est après début de match rocambolesque.

Des incidents bien trop fréquents

Le coup de sifflet de final ne signifie pourtant pas la fin du calvaire pour les corbeaux. Dès la fin de la partie, l'attaquant tanzanien, Mbawana Samata reçoit une pierre en pleine tête. Blessure finalement sans gravité, mais qui vient faire écho à l'affaire Doukha (JS Kabylie), en Algérie. “Je suis déçu de perdre ce match. On a vu une belle partie du football qui a duré trois heures. J’ai vraiment une pensée pour le TPM et le Chairman, quel mérite pour eux que de rester positif dans un tel contexte. C’est lamentable“, s'est indigné Patrice Carteron.

Malheureusement, dès le lendemain, lors d'un autre match de ces mêmes play-offs, la polémique est venue du banc de touche du club du Daring Club Motema Pembe. Leur rencontre face au Sanga Balende a été arrêtée à la 85e minute après que le staff du DCMP s'en soit pris vertement à un arbitre assistant poussant la police à intervenir.

Et maintenant ?

Les problèmes de ce week-end en RDC rappellent ceux vécus au Ghana par l'équipe du MC El Eulma. Suite à une victoire face à l'Asante Kotoko, les joueurs algériens ont dû sortir du stade dans des véhicules blindés pour esquiver la haine des supporters locaux.

Des phénomènes de violences dans les enceintes sportives africaines qui ne sont malheureusement pas une nouveauté et qui ont tendance à gagner du terrain face à la faiblesse des mesures prises pour tenter de les éradiquer. Phénomènes qui n'ont aucun attrait avec le “folklore” des stades africains et qui continuent de gangrener le football du continent.

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Thomas Bartoli