A cinq jours de la décision finale, le géant de l’Afrique qui sait manier les symboles détient les meilleurs atouts : pays de toutes les diversités l’Afrique du sud incarne le continent à merveille. Et s


La rumeur d’un choix de l’Afrique du Sud pour organiser la coupe du Monde de 2006 par la FIFA grossit chaque jour, alors que se rapproche la date fatidique de la décision finale. Les 24 membres du comité exécutif de la FIFA rendront leur verdict le cinq ou le six juillet prochain.

Un rumeur plus grosse encore incite à penser que la FIFA n’élira pas les pays candidats représentants l’Europe ou l’Amérique du sud. Sport roi en Afrique, le football n’a toujours pas livré sa plus prestigieuse compétition sur le continent. Cette injustice est la pierre angulaire de l’argumentaire des deux pays africains candidats à l’organisation de la coupe du Monde 2006, le Maroc et l’Afrique du Sud.

Si le comité exécutif se plie à cette vieille revendication des pays africains, exit les autres nations candidates : l’Allemagne, l’Angleterre et le Brésil. La FIFA est fort tentée en effet de signifier au monde qu’elle est la représentante de tous les footballs et non pas celle des riches fédérations européennes ou latino-américaines. Ce souci est visible dans le choix de la Corée et du Japon pour l’organisation de la coupe du Monde 2002. Des millions de fans asiatiques qui ne regardaient les matches que sur les écrans de TV, pourront vivre ces grands moments dans les stades, contribuant au développement du ballon rond.

Logique de justice contre logique de l’argent

Cette option prendrait le pas sur des considérations plus mercantiles : les espèces sonnantes et trébuchantes sous formes de droits de TV et les sponsors, seraient incomparablement plus importants si la compétition se déroulait en Europe.

Mais l’Allemagne et l’Angleterre n’ont pas su insuffler un projet commun au sein de la fédération européenne de football, l’UEFA. La nationalité du chef de l’exécutif, Gerard Aigner, soupçonné par les Britanniques de manoeuvrer pour l’Allemagne a desservi plus encore la cause d’un projet concerté.

Par ailleurs, les derniers coups de poings des hooligans anglais lors de la coupe d’Europe ont également mis KO tout espoir d’une coupe du Monde sur l’île.

Reste à départager les deux rivaux africains qui (une fois n’est pas coutume) n’ont pas réussi à s’entendre sur une candidature commune. Malgré les sympathies qu’elle suscite, la candidature marocaine fait de nombreux sceptiques. Le royaume ne possède que trois stades disponibles pour une telle compétition. Le plus important d’entre eux n’ayant qu’une capacité de 55 000 personnes. Il lui faudra en bâtir une dizaine pour pallier ces insuffisances.

De plus, la  » rainbow nation  » détient un supporter de poids en la personne de Sepp Blatter lui-même, le président de la Fifa.  » La tendance est à une logique de rotation d’un continent à l’autre. Il y a eu l’Amérique en 1994, l’Europe en 1998, il y aura l’Asie en 2002. Si cette logique est respectée, ce devrait être le tour de l’Afrique «  a-t-il récemment déclaré. Ajoutant :  » Il y a une dimension politique dans le choix qui va se faire. Et dans ce domaine, c’est l’Afrique du sud qui possède les meilleurs arguments « .