Elu Ballon d’or africain en 1981, Lakhdar Belloumi a marqué le football algérien des années 1980 avec notamment sa célèbre invention de la passe aveugle.


Né le 29 décembre 1958 à Mascara, dans le nord-ouest algérien, Lakhdar Belloumi fait partie de l’excellence technique algérienne du football des années 80. Sacré Ballon d’or en 1981, l’ancien international est élu quatrième footballeur africain du siècle derrière George Weah, Roger Milla et Abedi Pelé. Ses débuts, Belloumi les consacre au football mascarien au sein de l’Olympique Sempac. A 17 ans, direction le Scaf el Khemis où il évolue en deuxie division et est convoqué, en 1977, en équipe nationale algérienne junior. Son parcours professionnel entre 1976 et 1999 a été un véritable ballet entre le GC Mascara et le MC Oran.

En mars 1980, il emmène l’équipe nationale jusqu’en finale de la CAN pour la première fois de son histoire. Bien que défait par le Nigeria (0-2), le petit prodige est élu meilleur attaquant du tournoi. Quatre mois plus tard, aux Jeux Olympiques de Moscou, il se distingue en menant l’Algérie en quarts de finale et se fait mondialement connaître. Belloumi tisse sa toile et est très rapidement convoité par des clubs tels que le FC Barcelone, la Juventus de Turin ou encore le PSG. Mais l’ancien attaquant restera fidèle à son pays et surtout au GC Mascara.

Lakhdar Belloumi, c’est aussi une carrière d’entraîneur. Après avoir passé son diplôme en Algérie, c’est en 2001 sur les bancs de touche du MC Oran qu’il débute… En 2004, il devient pour une année le sélectionneur officiel de l’équipe algérienne. Enfin, Belloumi terminera sa carrière d’entraîneur au GC Mascara, le club de ses débuts. Désormais, il est le président délégué du MC Oran. Pour autant, il ne se prive pas de donner son avis à chaque fois que l’équipe algérienne se produit dans les stades. Direct dans ses paroles, il a sévèrement critiqué les fennecs lors de leur dernier match qu’ils ont perdu face au Maroc (4-0).

« Le football algérien doit être restructuré »

L’ancien meneur de jeu, celui qui fût l’une des figures glorieuses de l’équipe nationale d’Algérie, estime que le football algérien devait être « restructuré ». « Il serait nécessaire d’appuyer les joueurs locaux qui méritent de porter le maillot national », a déclaré Belloumi au bihebdomadaire sportif marocain Al-Mountakhab, après le match retour qui a opposé l’équipe du Maroc et de l’Algérie pour les éliminatoires de la CAN 2012. Certainement une façon d’expliquer que certains Fennecs n’ont pas leur place dans cette équipe. D’ailleurs, Lakhdar Belloumi prône une réhabilitation des joueurs du championnat local. « Personnellement, si j’étais sur le terrain alors que l’équipe est menée quatre à zéro, j’aurais réagi autrement pour arrêter les attaques de l’adversaire », a-t-il déclaré avant d’ajouter qu’il n’aurait pas « laisser l’équipe marocaine faire tout ce qu’elle voulait en restant dans une position de spectateur ».

Déjà, Belloumi s’en était pris violemment aux joueurs de l’équipe nationale après la prestation médiocre du onze national ce fameux dimanche 10 octobre à Bangui où la république centrafricaine s’est imposée 2 à 0 face aux fennecs. A ce propos, il avait déclaré au quotidien liberté que « l’on avait vu des touristes du désert » et « avec cette humiliation, nous sommes en train d’effacer l’histoire footballistique du pays ». Scandalisé par cette débâcle de la sélection algérienne, l’ancien n°10 a ajouté que les joueurs de l’ex-entraîneur Benchika « cherchaient à se moquer de l’Algérie ».