Premier footballeur ivoirien à avoir évolué à l’étranger, l’attaquant Laurent Pokou a marqué le football africain par ses prestations exceptionnelles avec les Eléphants. Retour sur la carrière de ce buteur légendaire, longtemps meilleur buteur de la CAN.


Laurent Pokou fait ses débuts dans le football à l’âge de 15 ans. Né le 8 octobre 1947 à Abidjan, il remporte plusieurs titres de champion et quelques Coupes nationales avec le club phare du pays, l’ASEC Mimosas. Après cette grosse moisson de trophées acquis en Côte d’Ivoire, il décide de tenter l’expérience à l’étranger. L’attaquant choisit comme destination la France, pour jouer à Rennes, malgré les sollicitations d’autres formations au nom plus ronflant. Mais c’est avec la Côte d’Ivoire qu’il va inscrit les plus belles pages de sa carrière.

Meilleur buteur de la Coupe d’Afrique des Nations avec 14 réalisations jusqu’en 2008, Laurent Pokou perd ce titre au détriment du Camerounais Samuel Eto’o. Le joueur ivoirien a été un serial buteur redoutable avec sa sélection. Il a aligné les records et les titres individuels avec son pays. Dans les différents éditions de la CAN, notamment celles de 1968 et 1970, Pokou va inscrire six et huit buts. En deux ans, il a réussi à marquer 14 buts alors que son successeur camerounais a dû participer à deux CAN de plus pour battre ce record. C’est vous dire l’exploit qu’a réalisé Laurent Pokou dans ses années glorieuses.

Un grand buteur

De la carrière de ce buteur aussi efficace que méconnu, on retiendra cette performance incroyable avec ses 5 buts inscrits face à l’Ethiopie lors de la phase de poules 1966. Cette prestation lui permet d’obtenir le record du plus grand nombre de buts inscrits par un joueur dans une rencontre dans cette compétition. Il rentre dans un cercle très fermé de joueurs ayant été meilleur buteur de la compétition sur deux CAN consécutives. A travers ses prouesses avec la Côte d’ivoire, il s’est construit une réputation de renommée internationale et on lui a octroyé un surnom « l’homme d’Asmara » (ancienne ville de l’Ethiopie qui désormais la capitale de l’Erythrée où Pokou a réalisé son exploit, NDLR) suite à ses exceptionnelles prestations dans cette édition de 1966. Le joueur a malheureusement étalé son talent avec sa sélection sans pour autant remporter une CAN.

Laurent Pokou a connu trois clubs durant sa carrière mais c’est à Rennes qu’il a vécu ses meilleurs moments, un club qui se bat pour se maintenir en Première Division dans les années 70. Il est resté fidèle à la Bretagne malgré les offres d’autres grandes écuries (Marseille et Nantes). Pour sa première saison 1973-1974, il contribue au maintien de son club en inscrivant 8 buts en 14 rencontres. Lors de la deuxième année, le joueur ivoirien confirme en trouvant le chemin des filets à 14 reprises. Ainsi il devient le meilleur buteur rennais, insuffisant cependant pour rester en Première Division.

La Bretagne, sa deuxième famille

Malgré la relégation, l’attaquant ivoirien reste chez les Rouges et Noirs. L’Eléphant affirme plus tard que « Rennes est le club de sa vie ». Les habitués du stade de la Route de Lorient se souviennent des efforts réalisés par l’Eléphant. Ces derniers ont soutenu l’attaquant ivoirien quand il a été tabassé par un policier lors d’un contrôle à Abidjan en 2008. Un geste qui prouve que ce joueur a marqué l’histoire du club. Mais l’histoire d’amour a connu quelques mauvais passages avec sa grave blessure au genou qui a marqué un coup d’arrêt à sa carrière en 1975 et ses adieux ratés avec le public rennais puisqu’il a été expulsé lors d’un match de Coupe de France pour avoir frappé et insulté l’arbitre.

Il arrête sa carrière professionnelle à l’issue de la CAN de 1980. L’attaquant aura vécu des hauts et des bas à Rennes et montré une belle régularité avec sa sélection. Laurent Pokou reste dans le monde du football en entraînant deux clubs ivoiriens (ASEC Mimosas et RS Anyama). Puis il intègre la fédération ivoirienne de football et devient ambassadeur de la FIFA. Il est aussi ambassadeur d’une association humanitaire appelée « SOS Villages d’Enfants ». Cet homme restera une légende du football ivoirien et africain.