A la suite d’une première enquête au cœur du football congolais et des trafics autour des joueurs, de leurs licences et de leurs identités, Sharkfoot a poursuivi ses investigations pour mettre en lumière un réseau entre la Belgique et la RD Congo. Si le championnat belge, et notamment certains clubs, semble pleinement profiter de cette situation, à qui profite le crime sur le continent noir.


Omari Constant, le président de la Fédération congolaise de football (FECOFA), ne nous avait jamais répondu avant la parution du premier volet de l’enquête. Même s’il n’a pas été mis en cause, nous nous interrogions sur ses motivations. Comment ne pouvait-il pas savoir que Fabio Baglio, personnage central de ce réseau, a obtenu sa licence d’agent FIFA de manière frauduleuse ? Comment de pouvait-il pas monter au créneau contre Anderlecht, qui refusait de payer les indemnités de formation aux petits clubs congolais ?

« Je vous assure que je condamne ces actes et que j’encourage nos clubs à faire valoir leurs droits« , nous expliqua-t-il par mail. Il nous assura avoir « ouvert une enquête sur ces méthodes et sur cet agent« . Visiblement motivé, Omari a depuis retrouvé son mutisme, même s’il a répondu à un de nos mails de manière très évasive.

Fabio Baglio menace de dévoiler des informations sur la FECOFA

Plus d’un mois après l’ouverture de cette enquête, aucune décision n’a été prise. Pourtant, des investigations ont bien été menées. Selon nos informations, la FECOFA a fait vérifier l’adresse du domicile donnée par Fabio Baglio à la FIFA par un huissier de justice. Comme nous l’avions écrit, il s’agit de la maison d’un responsable du Tout Puissant Mazembe – club au sein duquel il s’occupe de beaucoup de joueurs. En l’occurrence, celle du président, Moïse Katumbi ! Baglio est censé s’expliquer et prouver qu’il habitait bien au pays avant l’obtention de sa licence. Ce qui sera difficile, puisque l’oiseau réside en Belgique depuis des années et n’a jamais habité durablement en RDC…

Bizarrement, l’enquête n’a pas été terminée. Comme si l’enthousiasme du début s’était évanoui depuis le retour de Dieumerci Mbokani en sélection. L’attaquant anderlechtois est le protégé de Baglio, qui « lui fait dire et faire ce qu’il veut« , selon plusieurs personnes connaissant les deux hommes. Or, après la défaite contre le Cameroun, la « star » est de retour, lui qui ne devait plus jamais porter le maillot des Léopards. Ce come-back a provoqué beaucoup de suspicions. Sous couvert d’anonymat, une personnalité du football congolais s’insurge.

« Fabio et Omari sont en très bons termes. Ils ont passé un marché, sans doute avec le sélectionneur. Tu me fais revenir Mbokani et on va mettre le reste sous silence. » Notre interlocuteur va même plus loin. « Omari est pieds et poings liés. Avec son air supérieur, Fabio a plusieurs fois répété : ‘je fais péter la FECOFA en trente secondes. » Sans en dire plus, ça signifiait beaucoup. » On vous laissera interpréter ces liaisons dangereuses…

 Retrouvez l’intégralité de l’enquête sur le site de notre partenaire Sharkfoot